Porsche 911, les débuts d’une légende

Succéder à l’unique modèle d’une jeune marque automobile qui a été commercialisé pendant 15 ans n’était pas chose aisée. C’est pourtant le tour de force réalisé par le Porsche 911 au milieu des années 60.

Au début des années 60, la Porsche 356, unique modèle routier de la marque depuis ses débuts, accuse le poids des ans. Le constructeur entreprend alors de créer un nouveau véhicule de sport à moteur arrière, 2+2, dont le coffre se doit d’être spacieux. C’est Alexander « Butzi » Porsche, fils de Ferry Porsche, qui se charge de dessiner la ligne de la voiture qui au final est une réussite absolue. Plus fine que la 356 tout en profitant d’une meilleure habitabilité, elle est également bien plus moderne. Ce nouveau modèle est finalement présenté au Salon de Francfort 1963 sous la dénomination « Porsche 901 » où il remporte un grand succès d’estime. En septembre 1964, la 901 est ensuite présentée au Salon de Paris où elle est vue d’un mauvais œil par…les dirigeants de Peugeot. En effet, ceux-ci envoient un courrier officiel au constructeur germanique pour signaler que le nom de son nouveau modèle viole le code français en matière de droit des marques. En effet, Peugeot utilise depuis 1929 des numéros à trois chiffres avec le zéro au milieu comme dénomination de ses voitures. Le 22 novembre 1964, la Porsche est alors rebaptisée 911 alors que quelques exemplaires ont déjà été construits sous le nom « 901 » et que des catalogues circulent déjà ! Selon la légende, le chiffre 911 aurait été choisi par facilité, puisqu’il fallait juste retirer le « 0 » et le remplacer par le « 1 » !

La 911 initiale dispose d’un moteur 6 cylindres à plat d’une cylindrée de 2 litres développant 130 ch. Mais très vite, la 911 S produisant 160 ch est lancée : c’est le début d’un mythe (un rendement de 80 ch au litre était exceptionnel pour l’époque), mais également la première apparition des célèbres jantes « Fuchs » qui sont intimement liées à l’histoire de la 911. En 1966, Porsche innove une nouvelle fois avec la 911 Targa, une version découvrable à toit rigide et lunette arrière souple, particulièrement pratique et reconnaissable à son arceau de sécurité. Devenue un véritable succès commercial, la 911 se décline peu à peu en gamme. En 1967, elle reçoit en outre une transmission semi-automatique appelée Sportomatic, un équipement indispensable pour connaître le succès aux Etats-Unis.

L’année suivante, la Porsche reçoit l’injection mécanique Bosch qui fait augmenter sa puissance à 140 ch pour la 911 E et 170 ch pour la 911S. La cylindrée passe ensuite à 2,2 litres, puis à 2,4 litres en 1971. La 911 S grimpe à 180 ch, puis à 190 ch. En 1972 est lancée la fabuleuse version RS qui dispose de 210 ch pour une masse située autour de la tonne. Fortement allégée et très affûtée, cette machine reconnaissable entre mille grâce à son capot arrière en forme de queue de canard, aussi bien à l’aise sur la route que sur circuit, va gagner de très nombreuses compétitions. En 1973, la seconde version de la 911, la « G », est lancée. Presque 60 plus tard, la 911 n’a rien perdu de sa superbe ligne et elle est devenue un must sur le marché des voitures anciennes. Très recherchés, ses premiers exemplaires s’arrachent à prix d’or. Comptez minimum 60.000 € pour un bel exemplaire à plusieurs centaines de milliers d’euros pour des bêtes rares comme la RS.

 

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