Dérivée de la 250 SWB, la Ferrari 250 GTO (pour Gran Turismo Omologata) a été conçue par l’ingénieur Giotto Bizzarini sur base d’éléments existants à Maranello. En effet, celui-ci a associé un châssis de 250 SWB au moteur de la barquette Testarossa, un V12 de 3 litres développant 300 ch, une puissance très importante pour l’époque. Pendant la genèse de la voiture, Bizzarini est licencié suite à un différend avec Enzo Ferrari. Le travail est alors confié à Mauro Forghieri, ingénieur, et à Sergio Scaglietti, carrossier et ami fidèle du Commendatore. Fait rare pour l’époque, la robe de la voiture est travaillée en soufflerie pour qu’elle soit la plus aérodynamique possible. Evidemment, la 250 GTO est légère (880 kg à vide) grâce à sa carrosserie tout en aluminium. Elle est équipée de freins à disques dont le refroidissement est aidé par les roues à rayon Borrani. Extrêmement dépouillée, la Ferrari dispose d’une boîte de vitesses à 5 rapports, un équipement rare au début des années 60.

Carrière riche sur tous les terrains

Taillée pour le circuit, la 250 GTO remporte dès sa première course (aux 12H de Sebring 1962)où elle finit 2e. La même année, elle finit sur le podium des 24H du Mans à la 2e et 3e place. Mais surtout, elle donne à Ferrari le titre de champion du monde des voitures de tourisme en 1962, 1963 et 1964. Certains pilotes engageront également la GTO dans des rallyes avec succès.Durant une bonne partie des années 60, ce modèle écume de nombreuses compétitions dans le monde. Dès la décennie suivante, quelques amateurs éclairés s’intéressent à cette voiture si singulière produite à seulement 36 exemplaires. Parmi eux, on peut notamment citer le couturier Ralph Lauren ou Nick Mason, batteur du groupe Pink Floyd.

Spéculation

Fin des années 80, c’est le boom des Ferrari de collection, un phénomène amplifié par la mort d’Enzo Ferrari en 1988. La 250 GTO fait l’objet de nombreuses spéculations et un exemplaire se vend autour des 9 millions de dollars de l’époque. Les transactions sont rares et se font toujours discrètement. Les montants frôlent l’indécence : il semble que certains exemplaires se soient échangés récemment autour des 60 millions d’€ ! Cette spéculation a également pour conséquence que de nombreux répliques circulent, dont certaines disposent même d’éléments originaux de Ferrari 250. Aujourd’hui, les vraies 250 GTO ne sortent plus que pour quelques épreuves historiques ou Salons de haut-rang. La voiture de course s’est transformée en œuvre d’art…

 

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