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Tout à fait atypique par sa ligne et sa philosophie, la Lotus Esprit a tenu bon pendant près de 30 ans sur le marché des voitures sportives de prestige. Une carrière hors-normes !

Au début des années 70, Colin Chapman, fondateur de Lotus, est en pleine réflexion sur l’avenir de sa marque. Certes, la firme s’est fait une belle place dans le monde des voitures de sport, mais elle ne possède aucun modèle haut de gamme capable de rivaliser avec Porsche ou Ferrari. La décision est alors prise de développer un véhicule exclusif et Lotus se tourne vers Giorgetto Giugiaro et son bureau Ital Design pour dessiner ce qui deviendra l’Esprit. En 1972, un prototype basé sur l’Europa est présenté au Salon de Turin. Tout en angles et disposant d’un moteur placé en position centrale arrière. Réalisée en fibre de verre, la carrosserie de cette voiture fait l’objet de nombreuses recherches pour améliorer son aérodynamique. Après beaucoup de développements, l’Esprit est enfin commercialisée en 1976. Sous son capot, on trouve un bloc 4 cylindres de seulement 2 litres développant 155 ch, associé à une boîte manuelle à rapports provenant…de la Citroën SM ! Malgré des problèmes évidents de finition (plastiques bon marché et peu flatteurs, suspensions arrières trop simples), la voiture remporte un franc succès grâce à son côté atypique. Le coup de maître est surtout d’avoir convaincu les producteurs de la saga James Bond de confier à l’agent secret un exemplaire de l’Esprit. Dans « L’Espion qui m’aimait », Bond, incarné par Roger Moore utilise la sportive anglaise devenue…amphibie pour l’occasion ! Une S3 sera de nouveau utilisée dans "Rien que pour vos yeux".

Améliorations

Deux ans après le lancement de la voiture, Lotus commercialise déjà sa version améliorée baptisée en toute logique S2. La finition est un peu plus soignée mais la voiture souffre toujours de son manque de rigidité et de ses suspensions arrière qui ne suivent pas le rythme. En 1980, c’est la révélation : Lotus monte un turbo sur la version limitée Essex. Développant désormais 210 ch grâce à son moteur réalésé à 2,2 litres, l’Esprit peut s’attaquer par exemple à la Ferrari 308. Pour encaisser ce supplément de puissance, sa carrosserie a été modifiée pour plus d’appui aérodynamique et son châssis profondément modifié. Capable d’effectuer le 0 à 100 km/h en 5,5 secondes et d’atteindre la vitesse maximale de 245 km/h, l’Esprit entre définitivement dans la cour des grands. L’année suivante, l’Esprit Turbo fait partie définitivement du catalogue Lotus et le modèle évolue en S3 avec l’apparition d’une version 2,2 litres atmosphérique.

Remise à jour

En 1988, l’Esprit est complètement remise au goût du jour par le designer Peter Stevens qui arrondit et adoucit les lignes de Giugiaro. L’année suivante, la version turbocompressée reçoit un refroidissement à eau qui lui permet de développer 264 ch. La voiture reçoit également un aileron arrière pour plus d’appui. En 1993 apparaît la S4 dont l’allure est une nouvelle fois modernisée. Cependant, le meilleur reste à venir puisqu’en 1996 apparaît l’Esprit V8, sans doute la meilleure version de cette sportive. Développant 350 ch grâce à son moteur de 3,5 litres, elle est capable de passer de 0 à 100 km/h en 4,5 secondes. Faisant figure de « dinosaure » sur le marché des voitures de sports, elle vendue au compte-gouttes jusqu’en 2004, année de sa retraite après presque 30 ans de bons et loyaux services !

L’histoire se répète

A sa sortie, l’Esprit remplaçait plusieurs modèles chez Lotus et côtoyait l’Elite qui se vendait très mal. Hasard de l’Histoire, Lotus vient il y a peu d’arrêter la production de l’Elise, de l’Exige et de l’Evora, trois voitures emblématiques du constructeur anglais. Elles sont remplacées par l’Emira, un coupé disposant au choix d’un moteur 4 cylindres d’origine Mercedes-AMG ou d’un V6 Toyota, et dernier véhicule thermique de Lotus : un nouveau chapitre pour la marque !

 

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