Les marques disparues - Reliant : mobilité pour tous - Partie II

Surfant sur le vague du succès, Reliant se lance sur le marché des voitures de sport avec la Scimitar. Les modèles à 3 roues ne sont toutefois pas oubliés et connaissent un engouement sans précédent

Même si Reliant est surtout connu pour ses véhicules à 3 roues, la marque à également produit des voitures « normales ». C’est le cas du coupé Scimitar GT en 1964 qui remporte un certain succès Outre-Manche. Cependant, la notoriété vient avec la Scimitar GTE en 1968 qui a la particularité d’être un shooting brake sportif, un concept avant-gardiste à l’époque. Equipée d’un V6 d’origine Ford, cette voiture se vend bien sur de nombreux marchés. Elle notamment apprécié par la princesse Anne d’Angleterre qui en possède plusieurs exemplaires.

Grandeur et décadence

Le début des années 70 réussi très bien à Reliant qui lance la Robin, le véhicule à 3 roues le plus répandu. Disponible en berline et en break, celui-ci débute sa carrière avec le moteur de 750 cc avant de passer à 850 cc. Parallèlement, la marque lance la Kitten, une voiture économique qui partage de nombreuses pièces avec le Robin. Vendu en version berline, fourgonnette et break, il est même décliné en pick-up appelé Fox ! À la fin des années 1970, les ventes de la Scimitar GTE diminuent fortement et c’est en 1980 que le curieux cabriolet GTC est commercialisé. Conscient qu’une voiture de sport à deux places disposant d’un petit moteur pourrait avoir du succès, Reliant lance en 1984 la Reliant SS1. Adressée à un public jeune, cette dernière peut être équipée au choix de moteurs Ford ou d’un bloc Nissan turbo. Malheureusement pour elle, l’arrivée de la Mazda MX-5, mieux dessinée, plus fiable et bénéficiant d’une image plus forte est un coup fatal. La production est finalement arrêtée en 1995 après quelques années d’errance.

Hep, taxi !

En 1981, Reliant renouvelle son modèle à 3 roues qui porte désormais le nom de Rialto et qui continue de se vendre au Royaume-Uni. Cependant, la firme survit surtout en produisant depuis 1986 le taxi londonien Metrocab qui est une version modernisée du célèbre Black Cab. Après quelques années, le contrat de sous-traitance lui échappe. Reliant dépose le bilan en 1990 et la société est finalement reprise l’année suivante par l’équipementier Beans Engineering. La santé de la société n’est pas bonne et c’est de nouveau la faillite en 1994. Reliant est racheté par le groupe Avonex le 16 janvier 1995, qui dépose à son tour le bilan en décembre 1995. En avril 1996, le constructeur est racheté par un consortium dirigé par Jonathan Heynes. Les affaires semblent reprendre et 720 véhicules sont construits, dont des utilitaires légers. La production de Reliant cesse à Tamworth à la fin de 1998 et en janvier 1999, la société déménage dans une nouvelle usine Burntwood. Fin février, Reliant présente enfin une nouvelle version de la Robin avec une toute nouvelle ligne. Pourtant, le constructeur décide d'arrêter la production de véhicules 3-roues en février 2001. Une ultime série limitée de 65 Robin édition spéciale Robin 65 est lancée pour fêter les 65 ans de la firme. La société B&N Plastics qui devait continuer de produire la Robin sous licence jette finalement le gant fin 2002. La modèle à 3 roues meurt finalement de sa belle mort.

Petit mais costaud

Si aujourd’hui Reliant peut faire sourire avec ses modèles plutôt maladroits, il ne faut pas oublier que ce constructeur a tout de même produit plus de 2 millions de véhicules sur toute son histoire, ce qui en faisait le 2e constructeur le plus important de Grande-Bretagne entre 1960 et 1990. Ses produits ont été exportés dans de nombreux pays dont la Belgique qui comptait quelques concessionnaires. À l’époque, le slogan publicitaire était « Les inrouillables », à une époque où la carrosserie en fibre de verre des Reliant était un argument de poids face à la corrosion des caisses en acier qui était un véritable fléau.

 

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