Isetta, la révolution urbaine

Difficile de confondre l’Isetta avec un autre modèle tant sa forme ovoïde lui est caractéristique. Cette voiture de ville rigolote a connu pendant quelques années une vie commerciale plutôt tumultueuse.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’Italie est exsangue. Les bombardements alliés ont mis son industrie à mal et le pays est encore peu motorisé. En 1947, Piaggio lance la Vespa, le 2 roues providentiel, suivi par Lambretta qui s’impose directement comme le principal concurrent de la marque à l’abeille. De son côté, l’industriel Renzo Rivolta qui a fait fortune dans le commerce de frigos, cherche à différentier ses activités. Celui-ci nourrit l’idée de créer un petit véhicule bon marché qui offrirait à ses occupants une protection contre les intempéries. En 1950, l’ingénieur Ermenegildo Preti conçoit un engin à 3 roues en forme d’œuf. Rivolta prend connaissance de son travail et l’engage dans le but de développer son idée mais sur la base de 4 roues, une configuration jugée plus stable. L’engin est présenté au Salon de Turin 1953 et porte le nom d’Isetta, en hommage à « Iso », le nom de l’entreprise de Rivolta. Cette voiturette a moteur de moto se veut très simple et peut accueillir 2 adultes et un (petit) enfant. L’unique porte à laquelle est attachée la colonne de direction qui s’escamote et s’articule en 2 parties donne accès une banquette sommaire.

Une histoire de licences

Malheureusement, l’Isetta ne connaît pas le succès mais Renzo Rivolta ne baisse pas pour autant les bras. En 1955, il décide de proposer des licences pour la production de sa petite voiture à d’autres constructeurs. Contre toute attente, il vend l’Isetta à Velam en France et à Romi au Brésil. Mais la surprise vient de BMW qui s’y intéresse également. C’est d’ailleurs le constructeur allemand qui fait passer cette voiturette à la postérité avec 160.000 exemplaires produits en 8 ans. Premier modèle mondial, l’Isetta est assemblée en Allemagne, au Royaume-Uni, en France, au Brésil, en Belgique et en Espagne !

Période difficile

Lorsque BMW considère la petite voiture italienne, la firme est dans une très mauvaise situation financière, fragilisée par la seconde guerre mondiale et des modèles inadaptés qui se vendent très mal. La firme se lance alors sur un marché des voiturettes qu’elle ne connaît absolument pas, non sans avoir ajouté sa« patte », un moteur bicylindre de 245 cc repris d’une moto de la marque à l’hélice. Développant 12 ch, cette mécanique permet à l’Isetta d’atteindre 80 km/h en pointe. Un bloc 300 cc, un peu plus puissant (13 ch !), s’ajoute à la gamme en 1956. La voiture est un succès mais les années 60 annoncent rapidement le déclin des microcars grâce à l’arrivée de modèles populaires accessibles, plus confortables et plus rapides. Amusante mais éreintante à utiliser, l’Isetta disparaît en 1962. Elle est devenue aujourd’hui l’une des voitures les plus iconiques de BMW qui se peut allègrement dépasser les 25.000 € sur le marché de la collection.

 

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