Chevrolet Corvette C1 : débuts difficiles

Réponse américaine au succès des roadsters britanniques, la Chevrolet Corvette a failli ne pas survivre faute de succès à ses débuts. Heureusement, les choses ont finalement bien tourné pour elle quelques années plus tard.

Désireux de concurrencer les roadsters anglais qui pullulent sur le continent américain, l’état-major de Chevrolet décide au début des années 50 de lancer le projet d’une voiture de sport au look ravageur. Pour sa ligne, c’est Harley J. Earl, vice-président de la marque et designer automobile renommé qui se met au travail. General Motors choisi sa traditionnelle exposition annuelle appelée Autorama pour dévoiler son concept-car en 1953. Organisée à New-York dans l’hôtel Astoria, celle-ci rassemble 300.000 visiteurs qui s’extasient devant la dernière nouveauté sensationnelle de Chevrolet : la Corvette. Pour l’anecdote, ce nom a été trouvé dans le dictionnaire Larousse par Myron Scoot, Directeur Artistique et Assistant Directeur du département des relations publiques de Chevrolet qui cherchait un patronyme débutant par « c » qui sonnait bien ! Le succès d'estime de la voiture est tel que sa production en série commence quelques mois plus tard. Originalité pour l’époque, sa carrosserie est entièrement réalisée en fibre de verre car pour sa légèreté. Tous les concessionnaires de la marque sa battent pour en avoir une dans leur showroom mais les ventes se révèlent très vites décevantes à cause d’un prix de vente trop élevé et de performances décevantes. Il faut dire que le 6 cylindres Blue Flame qui se trouve sous le capot ne développe que 150 malheureux chevaux et il est accouplé à une transmission automatique…à seulement deux rapports !

La persévérance a du bon

Alors que la Corvette patauge, Ford présente en 1954 la Thunderbird qui attire toute l’attention et qui se vend très bien. Il est donc urgent pour Chevrolet d’agir et l’année suivante, elle reçoit un nouveau moteur V8, et peut être livrée avec une peinture deux tons ainsi qu'avec un hard top. Cependant, c’est en 1957 que les choses changent vraiment avec l’arrivée du bloc 283 qui développe de 220 à 283 ch dans sa version à injection, une autre innovation à l’époque. L’antique boîte de vitesse automatique est désormais secondée par une transmission manuelle à 4 rapports, plus en phase avec la mécanique de la Corvette. Transfigurée, la voiture se vend enfin, montrant que l’obstination des dirigeants de Chevrolet n’était pas vaine. Pour son millésime 60, la voiture reçoit un nouvel arrière dit « en queue de canard » et l’année suivante, sa puissance grimpe à 315 ch. La course à la puissance est lancée parce qu’en 1962, la Corvette reçoit un nouveau moteur de 5,3 litres développant 360 ch. Cette première génération est remplacée quelques mois plus tard par la C2. Au total, 69.015 exemplaires ont été produits.

Années « jukebox »

Très représentative du style des années 50, la Corvette C1 est aujourd’hui délicieusement rétro et déborde de charme. Aux Etats-Unis, elle fait l’objet d’un véritable culte et de nombreux spécialistes commercialisent des pièces détachées pour les versions V8, les 6 cylindres étant beaucoup plus rares. Pour entreprendre une restauration, il est impératif de s’entourer d’un carrossier qui maîtrise la réparation de la fibre de verre. Comptez un minimum de 70.000 € pour trouver un exemplaire en bon état. Attention, ce budget peut fortement varier selon la mécaniques et les options de la voiture.

 

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