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Après une bonne et longue nuit, le réveil sonne à 6h45. Je me précipite vers la fenêtre pour constater que le bleu n'est pas loin derrière un mince reliquat brumeux. Je pars dès que possible pour arriver à la Villa d'Este vers 7h20. La journée d'aujourd'hui est consacrée au concours avec une assistance de VIP et d'invités triés sur le volet. Les spectateurs devraient arriver vers 9h30, ce qui permet aux photographes de jouir encore un peu de quelque tranquillité tandis que les voitures rejoignent leurs emplacements. Pour l'instant en tout cas, tout est encore très calme, le soleil n'a pas encore réussi à percer tout à fait, c'est l'occasion de profiter un peu du cadre.

       

En cette année commémorative des 70 ans de sa victoire aux Mille Miglia, BMW a ressorti son concept car datant de 2006, dont les lignes évoquent (en plus massives), les lignes du 328 Mille Miglia Touring. Le carbone a remplacé l'aluminium pour la carrosserie tandis que le châssis est celui du Z4M Coupé. L'aérodynamique a été optimisée pour réduire les turbulences et le bruit du 6 cylindres en ligne a été étudié pour rendre une tonalité très sportive.

       

Le modèle original vient d'ailleurs s'installer à coté quelques minutes plus tard.

       

La première voiture à venir prendre sa place est cette Mercedes 710 SS. Les avant guerre sont toujours sur le terre plein sous l'arbre alors que les après guerre sont dans une cour plus engoncée. Dommage que les displays des différentes catégories ne tournent pas d'une année sur l'autre.

       

Voici ensuite une Jaguar SS100 et une Rolls Royce Phantom II Continental. Je reviendrai sur chacune des voitures engagées lors de la parade.

       

Ici une Duesenberg  X Straight 8 et une Alfa Romeo 6C 1500 GS

       

J'ai vraiment du mal à me passionner pour les voitures d'avant guerre, sauf celles de compétition. Aussi je suis heureux de voir arriver cette Alfa Romeo 2600, tandis que le soleil commence à percer la brume.

       

La Talbot Darracq m'intéresse aussi

        

Le système de fermeture du capot et des plus succincts. Un des éléments qui me fascine le plus dans ces anciennes voitures de course est la ligne d'échappement qui court le long du fuselage.

       

Evidemment un grand nombre de participants est composé d'habitués. Ainsi, le visage de ces collectionneurs de Jaguar ne m'est pas inconnu.

       

ils apportent une Type C et une Type D Prototype

       

Tout comme le nom du propriétaire de cette sublime 300SL: Paul Stewart, le fils de Jackie.

       

Sûrement une des plus belles SL que j'aie vue. Comme quoi, des jantes et des pneus à flancs blancs adaptés peuvent transcender une voiture.

Mais le charme de la Villa d'Este est de découvrir des voitures dont on ne soupçonnait même pas l'existence. C'est le cas de cette Maserati A6 GCS Frua dont seuls trois exemplaires ont été produits.

       

Cette Lancia Aurelia B52 me fait penser à la Turbotraction de Spirou et Fantasio. Sa prise d'air centrale est montée sur du caoutchouc pour amortir dieu sait quoi.

       

Les Ferrari arrivent: la 250 California, enfin hors du parking

       

la 500 Superfast

       

Hum, je n'avais même pas réalisé que je tirais le portrait du propriétaire de cette Alfa Romeo 1900 SS Zagato

       

L'ISO Grifo Can Am semble avoir un petit problème de fuite d'huile sous le phare. Heureusement, nous ne sommes pas au départ des Mille Miglia.

La Miura Roadster a pris sa place.

Les arrivées se succèdent, avec ces Aston Martin DB2 très différentes

       

Je décide alors d'aller voir ce qui se passe du coté des Concept Cars, histoire de voir si la Ferrari 540 Aperta ou l'Alfa Zagato sont arrivées. Ce sont elles que j'attends avec le plus d'impatience dans la catégorie. Les concepts sont exposés de l'autre coté de l'hôtel, à trois cent mètres environ. Aucune des deux n'est encore arrivée. La Spada Codatronca est présente.

       

de même que la Giugiaro Frazer-Nash

       

       

et la Bentley Flying Star dont j'admire particulièrement la ligne de bagages.

       

L'année dernière, j'avais eu un coup de cœur surprise pour une Abarth rageuse. Cette année, c'est pour cette Alfa Romeo 2000 Sportiva de 1954 qui a accompagné les concept cars durant tout le show pour marquer le centenaire de la marque Italienne. Cette superbe création due aux talents conjugués du designer Franco Scaglione et de la carrosserie Bertone n'a été produite qu'à deux exemplaires (+ 2 spiders totalement différents). Elle a le même moteur que la fameuse Disco Volante vue à Retromobile. La carrosserie est en aluminium.

       

Je la trouve magnifique

       

d'où l'abondance de photos de cette pièce hors concours

       

Voici la 540 Aperta Superfast qui arrive. De face, ma première impression est positive, bien que le design de la voiture ait été très controversé.

La voiture s'installe à son emplacement

Nous sommes toujours entre photographes, donc chacun se tient à distance, en cercle, pour faire des photos sans personne dessus.

       

La voiture est un exemplaire unique commissionné à la division de projets spéciaux de Ferrari par Edward Walson, le fils de l'inventeur de la télévision par câble John Walson. La 540 est donc un projet officiel, contrairement par exemple aux 575 GTZ de Zagato. Etienne me racontait une anecdote amusante car au Cavallino Classic les deux voitures étaient côte à côte et l'équipe de Ferrari faisait très attention à ne regarder que la 540 (alors que la GTZ est tout de même beaucoup plus réussie). La base est une 599 GTB Fiorano devenue "ouverte" (Aperta), recevant près de 20kg de renforts en carbone pour conserver la rigidité de la caisse. Une répétition pour Ferrari avant une éventuelle 599 GTS? Cà ce serait une bonne nouvelle!

       

La ligne et la couleur sont inspirées d'une Ferrari carrossée par Fantuzzi apparaissant dans le film de Fellini "Toby Dammit"

       

L'intérieur bicolore est résolument moderne, à l'exception de l'utilisation de bois sur le volant et le frein à main.

A titre personnel, je dois dire que j'aime beaucoup l'avant un peu aplati, et jusqu'à la ligne de l'aile et du montant postérieurs.

       

En revanche, l'arrière me dérange beaucoup plus. Sans même évoquer le grotesque support de plaque d'immatriculation, l'intégration des feux arrière ne me plait pas trop, quoiqu'assez conformes au modèle.

Mais le plus déplacé est sans doute l'énorme diffuseur en carbone qui jure vraiment avec le reste du design qui est plutôt fluide. Je ne sais pas quelles sont les contraintes techniques et règlementaires qui ont imposé cette horreur mais çà gâche complètement la voiture.

La BMW s'installe également, faisant la démonstration de son spectaculaire cockpit.

       

L'intérieur est des plus dépouillé.

Certaines lignes rappellent indéniablement celles du Z4.

Pas de trace de la Zagato TZ3 pour l'instant. J'en profite pour aller déjeuner en salle de presse puis je traverse de nouveau vers le plateau principal. En prenant un raccourci, je tombe sur cette surprenante Alfa Romeo Zagato (justement!)

L'ambiance a déjà bien évolué.

       

En outre, c'est l'heure des baptêmes d'Amphicar.

       

       

Sur une terrasse, le Concept Mille Miglia a été remplacé

 En définitive, entre 9h30 et 14h30, heure du début de la parade, il y a peu de choses à faire en terme de photographie car la foule est assez dense. Julien, Matteo et moi décidons donc d'aller faire un tour à la Villa Erba et au parking pour avoir une idée de la mise en place des festivités de demain. Une surprise n'est jamais à exclure. Sur le parking, seule la Wiesmann d'hier est digne d'intérêt.

Et à la Villa Erba, seule une 8C Spider est installée sur les pelouses. Moins bien que les 4 Veyron de l'an dernier, indiscutablement.

       

Nous trouvons également quelques BMW qui s'installeront sans doute sous la rotonde.

       

Nous regagnons la Villa d'Este à pied et une bonne surprise nous attend juste après l'entrée, sur un petit parking discret: une superbe Ferrari 275 GTB

       

accompagnée d'une Testarossa

Puis en revenant vers l'hôtel, nous constatons que la TZ3 est finalement arrivée, avec un peu de retard. Elle sent encore la peinture fraiche. Comme son nom l'indique, la voiture s'inspire des illustres TZ de compétition. La TZ3 garde l'esprit de compétition avec une carrosserie en aluminium et un V8 de 420 chevaux. En réalité, il semblerait que la voiture ait été commandée par un Allemand qui entend s'en servir pour des séances de roulage sur circuit mais pas en compétition proprement dite. Au final, pas mal de concepts étaient partis au Salon de Pékin, ce qui explique la relative maigreur de la catégorie.

       

Je n'ai pas vraiment encore d'avis tranché sur la TZ3. L'arrière est séduisant mais le profil me gêne un peu, sans que je puisse l'expliquer. Pas un coup de foudre donc.

       

Je distribue le tuyau sur la 275 GTB aux personnes que je rencontre (Etienne et Ludo). Avec un peu de patience, il est possible d'obtenir un horizon quasi dégagé.

       

Je profite donc de la California, le cabriolet de rêve par excellence. Quelques graines tombées des arbres souillent sa carrosserie mais rien de grave. Tiens, Jacky est là aussi (pas Stewart hein!)

       

quelle ligne!

       

Sur quelques mètres se côtoient le plus inattendu comme cette Ghia G230S Prototypo et cette Fiat 8V Supersonic (également par Ghia)

       

et le plus classique comme cette Jaguar XK 120, qui est tout de même un peu spéciale.

C'est au tour d'Etienne de me signaler que les Concepts Cars se sont rassemblés à l'arrière de l'hôtel. Le cadre est moins glamour mais il n'y a quasiment personne autour (avec un peu de patience en tout cas).

De quoi conforter mon opinion sur l'Aperta. L'avant, oui

       

L'arrière, vraiment pas!

       

et c'est presque l'inverse pour la TZ3

       

dont je trouve l'avant un peu fade. Le dessin présenté dans le catalogue intégrant deux optiques rondes supplémentaires dans la calandre avant avait plus d'agressivité et de caractère.

       

C'est l'heure de la parade, les voitures vont quitter leurs places par catégorie pour défiler sur le parvis de l'hôtel avant d'en faire le tour pour retrouver leurs emplacements. Un moment certainement attendu avec impatience par les propriétaires qui peuvent conduire leur trésor entre deux files de spectateurs admiratifs. Pour moi, c'est l'occasion d'être exhaustif sur tous les participants et de donner des détails sur chaque modèle. J'en profite pour passer le 17-40 sur le 7D car le zoom ne me sera pas très utile pour les minutes à venir. Hélas, j'ai oublié mon dictaphone dans la voiture et je n'ai donc pas pu enregistrer les interventions de Simon Kidston, qui sont aussi pleines d'humour qu'érudites. Ce sera mon principal regret de la journée et je me replie donc sur le catalogue pour vous donner les infos. Commençons par la Classe A, voitures de compétition d'avant guerre, et par un des trois exemplaires de Talbot Darracq GP1500 de 1926, une machine qui eut une assez longue carrière et reçut de nombreuses modifications au fil des ans. Elle est présentée par Egon Zweimüller et a remporté un prix d'Honneur (seconde place) et le Prix Spécial du Jury.

Mark Gessler présente cette Alfa Romeo 6C 1500 GS de 1933 qui a couru les Mille Miglia en 1934 et 1936 et porte l'écusson de la Scuderia Ferrari. Ils termineront deuxième des Mille Miglia d'ici quinze jours.

Cette Alfa Romeo 6C 1720 GS (Gran Sport) de 1931 appartient à Peter Bruppacher était à l'origine une voiture d'usine et fut initialement revendue au pilote Giuseppe Campari.

Passons à l'Angleterre avec cette MG K3 Magnette de 1934, propriété de Norbert Schmitz-Koep, qui courut elle aussi les Mille Miglia en 1934 et se classa 10ème au général (2ème de sa classe).

Winfried Kallinger présente cette Squire 1500 SC de 1935. Le prix de cette voiture de course avoisinait celui d'une Bugatti, ceci expliquant peut être que seules 7 voitures furent construites et 3 seulement furent vendues, dont celle ci, avant que la compagnie ne fasse faillite.

Le vainqueur de la classe est Christoph Bode avec cette magnifique BMW 328 MM roadster de 1937, châssis 85032. Elle gagna sa classe aux MM 1938 et couru cette même course dans l'équipe d'usine en 1940. Entre les deux, sa carrosserie fut profondément modifiée pour obtenir cette forme très aérodynamique avec des crêtes sur les ailes qui lui valurent d'être surnommée "pli de repassage, Bügelfalte". Elle est en alliage très léger d'aluminium magnésium, ce qui lui permet d'afficher un poids de 725 kg pour 130 chevaux. Deux autres Roadsters furent confiés à Touring pour leur carrossage et n'ont pas ces fameux "plis de pantalon". Après la guerre, la voiture fut saisie par les Russes à titre de réparation et fut donnée à Artiom Mikoyan, chef du bureau d'étude dessinant les fameux avions MIG mais celui ci l'échangea en 1972 en Lettonie contre une Lada. Son nouveau propriétaire l'utilisa notamment aux Mille Miglia historiques 1991 puis elle fut vendue en 2001 à son propriétaire actuel qui la fit soigneusement restaurer. Cette voiture unique et exceptionnelle prendra ensuite la route de Monaco a route de Monaco pour être mise aux enchères par RM ou elle sera négociée hors vente aux alentours de 4 millions d'euros, si on en croit la rumeur. 

Passons à la classe B, les sportives ouvertes d'avant guerre. La panne de cette autre BMW 328 de 1938, beaucoup plus classique, n'a pas empêché Mietta Pasquali Gandolfi de remporter le Prix d'Honneur. 464 BMW 328 furent produites, dont 404 avec cette carrosserie standard. On estime que la moitié à peu près a survécu.

La vainqueur de la classe est la Duesenberg modèle X de Peter Heydon. Il s'agit de l'une des 4 survivantes connues sur les 13 modèles X produits, et le dernier modèle dessiné par Fred Duesenberg avant que l'entreprise ne soit rachetée. Sa poupe de bateau peut être considérée comme le prototype des futures Auburn.

La Mercedes 380K de Ken McBride n'a malheureusement pas pu être présentée, son propriétaire ayant disparu une semaine avant le Concours. Carlos Sielecki a apporté cette Bugatti Type 57 TT. Sa carrosserie unique a été construite par Bertelli sur les indications d'Eric Giles, le frère du propriétaire. La dénomination TT est apparue après la victoire de la voiture dans le Tourist Trophy d'Ulster. Le propriétaire actuel l'a acquise en 1950 et l'a surnommé "Therese".

Puis vient la SS100 Roadster de Robin Green. SS Cars est la marque qui devint Jaguar après 1945, le nom SS étant évidemment beaucoup trop connoté. 118 exemplaires furent construits, celui ci étant le deuxième.

La dernière voiture de la classe B est la Lagonda V12 Rapide de 1938 de Michael Kaufmann, dont la couleur est "special mushroom". Dès 1939, trois ailes furent retournées à l'usine pour être réparées, ce qui laisse supposer une conduite sportive, d'autant que le châssis fut amélioré et que le moteur reçut quatre carburateurs au lieu de deux. La plupart des photos laissent croire que la parade est un moment de détente pour les photographes mais en réalité c'est plutôt un moment de stress car de nombreuses personnes passent à pied, voire squattent l'allée sans se soucier de rien. Il est donc souvent difficile d'avoir un horizon totalement dégagé pour les photos, d'autant que les gens m'avaient l'air beaucoup plus disciplinés l'an dernier. Et des fois, éliminer les intrus est simplement impossible.

Classe C, les cabriolets à quatre place d'avant guerre. C'est cette Bentley 8 litres de 1931 qui remporte le Prix d'Honneur, la voiture anglaise la plus chère et la plus puissante de son époque, qui était capable de monter à plus de 160 km/h. Cent exemplaires furent produits avant que la crise économique ne condamne ce modèle coûteux. Ce modèle particulier, présenté par Peter Livanos, a apparemment couru victorieusement en course de cote dans les années 50 et 60.

La principale originalité de cette Mercedes 710 SS de 1928 est d'avoir été amenée par la route par son propriétaire Frans Van Haren depuis la Hollande. Un exploit qui lui a valu une récompense spéciale méritée au vu des 1100 kilomètres parcourus en deux jours. Elle repart donc avec le Trofeo Automobile Club di Como de la voiture conduite sur la plus longue distance. Bon, là l'inclusion dans le champ est volontaire.

       

Voici la Lancia Lambda de 1931 de Guido Lamperti. Celle ci fut un des derniers modèles produits et fut livrée par Vincenzo Lancia lui même au Maharaja de Kuala Lumpur.

 

Cette Rolls Royce Phantom II Continental Drophead Coupé de 1935 appartenant à Steve Wolf a remporté le prix de la Rolls Royce la plus élégante mais il faut dire qu'exceptionnellement elle était la seule voiture de la marque en lice. Le nom Continental, vient du fait que les tests de vitesse de l'Anglaise avaient lieu en France, sur le "Continent". Celle ci fut habillée par Henri Binder.

Voici maintenant une Packard 1507 de 1937 à l'histoire très particulière pour l'évènement qui nous occupe. Outre le fait qu'il s'agit de l'un des rares modèles dont la carrosserie a été fabriquée à l'usine, et qu'elle est motorisée par un impressionnant V12 de 7,8 litres, l'anecdote est que le premier propriétaire était à l'époque le président de l'Hôtel de la Villa d'Este, Marc Droulers, qui est aussi le père du Directeur Général actuel.

La gagnante de cette classe est cette Lancia Astura Serie IV de 1939 appartenant à Wenzel Gelpke. Si l'Astura fut produite à près de 400 exemplaires, celle ci porte une carrosserie unique créée par Pinin Farina. A l'époque il était très courant que les voitures soient livrées nues pour que le propriétaire la fasse habiller par une carrosserie à son goût.

A partir de la classe D, les Coupés fermés de 1935 à 1950, je commence à être plus intéressé. La première concurrente est la Cadillac Fleetwood Serie 90 de Oriol Vilanova Calonge, dont le capot dissimule un V16 de 7 litres, le premier moteur du genre. En bonne voiture américaine, la Cadillac V16 fut produite à plus de 4000 exemplaires. Madame est en tout cas parfaitement assortie.

       

La voiture suivante est réellement exceptionnelle: il s'agit d'une Talbot-Lago T150 C SS de 1938, carrossée par Figoni & Falaschi dans cette spectaculaire forme de goutte d'eau. Il s'agit ici de l'un des rares modèles SS à carrosserie alu montée sur un châssis raccourci. Elle courut les 24 Heures du Mans en 1939 mais dut abandonner au 88ème tour alors qu'elle se battait pour la neuvième place. La forme aussi extravagante que sublime et la couleur très subtile de cette Talbot vaut à son propriétaire Oscar Davis de repartir avec le prix du Best of Show décerné par le Jury, la victoire de classe bien sûr, auquel viendra s'ajouter le lendemain le prix du public à la Villa Erba. Des récompenses amplement méritées.

Cette Alfa Romeo 6C 2500 SS Touring rapporte à Oliver Collins le Prix d'Honneur. Sa particularité est d'avoir été conçue avant guerre mais carrossée et commercialisée après la fin de celle ci.

Voici une seconde Talbot-Lago, une T26 GS de 1948, appartenant à Peter Larsen et habillée par Dubos Frères. Les carrosseries étaient souvent achetées à des entreprises spécialisées afin de les personnaliser suivant les souhaits des clients. Le 6 cylindres de 4,6 litres développe 190 chevaux, ce qui en faisait une des voitures les plus rapides de son époque mais celle ci a très peu roulé. Les deux Talbot en compétition m'ont vraiment beaucoup plu.

Ensuite arrive cette Delage D6 3L de 1947, propriété de Daniel Marachin. Elle est carrossée par Letourneur & Marchand et elle pourrait avoir appartenu à Marcel Letourneur, le Président de la carrosserie.

Antonio Epifani nous présente ensuite cette Fiat 1500 de 1949.

On entre dans le vif du sujet (pour moi) avec la classe E, les voitures de sport ouvertes d'après guerre. Voici une Jaguar Mark IV de 1947 appartenant désormais à Edward Jelinek après être restée 60 ans dans la même famille. Nul doute qu'elle est mieux ici que stockée pour l'éternité.

Ah, j'ai été mauvaise langue tout à l'heure puisque voici une deuxième Rolls Royce, une Silver Wraith de 1948 apportée par Frank Ricciardelli. C'est la carrosserie Franay de Levallois Perret qui l'a habillée. Celle ci est la première Rolls Royce équipée d'une conduite à gauche après 1945.

Contrairement à ce que l'on pouvait craindre, le nuage de cendres volcaniques qui a paralysé le trafic aérien n'a pas eu de conséquences fâcheuses sur les voitures engagées. Malheureusement pour lui, Peter Kalikow, une figure du concours de la Villa d'Este, n'a pas pu arriver à temps, mais sa voiture est bien là, confiée pour le coup aux bons soins de Marcel Massini. Sa participation pour 2010 est cette Jaguar XK 120 de 1950 dont la principale caractéristique est d'avoir une carrosserie en aluminium, ce qui ne l'empêchait pas d'être plus lourde que les versions acier, du fait de son châssis en bois. Je vais faire le difficile mais Peter Kalikow nous a habitué à des véhicules plus prestigieux et spectaculaires.

Luigino Tommasin présente cette Cisitalia 202 de 1951. Cisitalia fut fondée en 1943 à Turin par Piero Dusio, businessman et pilote, avec l'objectif de construire des voitures de sport et de course. Les carrosseries Spider sont très rares, la plupart des Cisitalia étant des coupés. Cisitalia disparu en 1963, démontrant que n'est pas Enzo Ferrari qui veut. Les pires parasites sont ceux qui marchent à la même vitesse que la voiture.

J'avoue avoir été vraiment très surpris que la victoire de classe mais surtout la Coppa del Oro (prix du public) revienne à cette discrète Maserati A6 GCS Frua de 1955, propriété de John Bookout. L'A6 GCS est à la base une biplace de course. Seuls trois exemplaires de la voiture furent carrossés par Frua. Après un accident à la fin des années 90, ce modèle passa récemment par une phase très importante de restauration.

Voici maintenant une BMW 507 de 1957, une voiture considérée par beaucoup comme la plus belle BMW de l'histoire. Elle a été construite à 251 exemplaires à l'usine de Munich, la carrosserie en aluminium fabriquée à la main sur une base de bois. Le premier propriétaire de ce modèle, aujourd'hui entre les mains de Michele Cicchetti, n'est autre que le Roi Hassan II du Maroc.

Le Prix d'Honneur revient à la Ferrari 250 GT California 0965GT de Peter Stähelin, un modèle châssis long (49 exemplaires) vendue à Gstaad en 2004 alors qu'elle était de couleur rouge. Cette nouvelle peinture Vinaccia lui va particulièrement bien. Le stress monte d'un coup car le propriétaire retient la voiture très longtemps juste hors de portée et pas mal de gens empruntent l'allée. Du coup, je décide de me déplacer de quelques mètres, sans regrets.

       

       

Enfin voici une Maserati 3500 GT de 1961, spider de luxe dérivé du modèle de course 350 S. Le but était de créer le premier modèle produit en volumes importants. 242 exemplaires du spider furent construits, beaucoup moins que la version Coupé. Michelotti dessina la carrosserie qui fut construite chez Vignale.

Passons à la Classe F, les voitures de sport fermées d'après guerre. Il est temps d'en apprendre plus sur cette intrigante Aston Martin DB2 apportée par Daniel Waltenberg. Il s'agit donc du prototype, l'une des trois voitures d'usine qui furent construites en vue de la saison 1950, qui se distingue par des jantes de 18 pouces très inhabituelles pour l'époque.  

 

Outre sa beauté, c'est le propriétaire de cette Mercedes 300 SL de 1954 qui sort du lot, Paul Stewart, le fils de Jackie Stewart (en passager sur la photo ci dessous), de retour à la Villa d'Este où il dit avoir passé de nombreuses nuits à l'occasion des Grand Prix d'Italie. C'est néanmoins la voiture qui m'a plus impressionné que son illustre propriétaire: sûrement la plus belle 300 SL que j'aie vue et la légitime vainqueur de sa classe. 

Silvano Gerani présente cette Maserati A6G/54 de 1956, datant de l'époque précédent la production en série. 63 exemplaires de l'A6G/54 furent produites, avec différentes carrosseries par Frua, Zagato ou Allemano comme celle ci.

Deuxième Ferrari, 6043SF, une des 36 500 Superfast produites, aujourd'hui aux mains de Martin Gruss. Suite à la longue retenue provoquée par le propriétaire de la California, toutes les voitures suivantes passent sans s'arrêter. Ce n'est pas le moment de se louper.

       

Voici maintenant la 275 GTB/4 de David Moores, 10253. Rien à signaler de spécial. Les Ferrari cette année n'ont pas de palmarès ou de particularités qui les font sortir du lot, hélas.

L'un des clous du concours est l'unique Lamborghini Bertone Miura Roadster produite, châssis 3498. Elle fut présentée au Salon de Bruxelles 1968 mais n'était pas prévue pour une mise en production. Il semblerait que Ferruccio Lamborghini n'ait découvert la voiture que la veille de l'ouverture du Salon et qu'il en resta bouche bée. Elle a retrouvé récemment sa couleur bleue pailletée (Blu Ischia Metalizzato) et son intérieur blanc, telle que présentée en Belgique (après être passée par du vert et de nombreuses parties métalliques; livrée dans laquelle elle fut longuement exposée dans un musée de Boston). Le pare-brise est légèrement redressé et le compartiment moteur abaissé mais des incertitudes sur la rigidité du châssis firent que la voiture devait dès l'origine rester un concept car. Il semblerait que Bertone ait mis M Lamborghini en garde dès le départ sur la commercialisation de la Roadster "_ N'y pensez même pas". La voiture fut tout de même vendue au PDG de l'International Lead and Zinc Research Organisation qui cherchait une idée pour montrer les possibilités d'utilisation des alliages à base de Zinc. La voiture reçut donc de nombreuses pièces fabriquées par les membres de l'ILZRO et fut repeinte en vert foncé avant d'être baptisée Zn75. En tant que tel, elle fut sans doute la Miura la plus exposée de tous les temps et celle qui bénéficia du plus d'attention. En plus d'une victoire de classe, 3498 rapporte également à Albert Spiess le prix de la plus belle restauration. Au prix tout de même de la disparition de Zn75, qui fut elle aussi un mythe à sa façon. De nombreuses photos et informations sur Zn75 et 3498 se trouvent dans l'excellent livre de Joe Sackey: Lamborghini Miura, un beau monstre, que je recommande chaudement aux admirateurs de ce modèle mythique.

Cette Iso Rivolta Grifo de 1971 est elle aussi spéciale puisqu'il s'agit d'un des trois exemplaires dits Can Am équipés du V8 de 7.6 litres permettant en théorie à la voiture d'atteindre les 300 km/h. Ce coupé Bertone appartient à Alexander Wiesner.

La classe G a tout pour être ma préférée: les voitures de compétition d'après guerre mais cette année, je ne l'ai pas trouvée très excitante (niveau Italienne car elle était redoutable en Anglaise). D'ailleurs le Prix d'Honneur, cette Aston Martin DB2 est passée trop vite pour moi, le prix à payer quand on temporise trop pour éliminer des indésirables du cadre. Helmut Rothenberger a apporté cette DB2 très significative puisqu'elle a couru au Mans en 1950 après qu'un accident de la route ait retardé ses débuts prévus aux Mille Miglia. Cette année là, deux DB2 ont remporté leur classe mais je ne sais pas si celle ci est arrivée en tête, bien qu'elle soit restée exposée au Musée du Mans de 1966 à 1979. En tout cas, elle est encore rapide.

Cette Type C a été apportée par Gary Bartlett. La XK120 C a, comme son nom complet l'indique, été développée sur la base de la XK120 mais sa carrosserie légère n'avait plus rien en commun avec cette dernière. Celle ci est le châssis 007 (encore!) et fut la première Type C a être exportée aux USA où elle se tailla un palmarès respectable aux mains de Phil Hill notamment. Elle a changé de propriétaire en 2009 mais avait au préalable remporté de nombreux prix en concours.

Encore du très lourd pour ce prototype de Type D appartenant au Jaguar Heritage Trust. Si celle ci ne fait pas partie des Type D ayant remporté trois fois les 24 Heures du Mans, elle fait partie des 4 prototypes et ne courut jamais en course, malgré des tests intensifs. D'ailleurs elle participa aux essais des 24 Heures du Mans 1954 (l'année précédant la première victoire de la Type D) et Tony Rolt tourna officieusement cinq secondes sous le record de l'heure officiel. Il ne vous aura pas échappé que ce prototype n'arbore pas le fameux aileron vertical caractéristique.

La Ferrrai 225 Export Vignale ayant été retirée au dernier moment, passons à cette minuscule Giaur Champion 750 de 1953, carrossée par Motto. Ce voiture de 750 cm3 est basée sur la Fiat 500 et remporta de nombreuses courses. Sur les trois exemplaires survivants, celui ci est le seul a avoir conservé sa carrosserie originale. Petite mais méchante, c'est probablement la voiture qui faisait le plus de bruit du plateau, dans un ton rageur qui n'était pas sans rappeler celui de l'Abarth l'an dernier.

La catégorie est emportée par cette Alfa Romeo 1900 SS Zagato de 1956. Peu de 1900 ont reçu la très désirable et très reconnaissable robe de Zagato ce qui en fait une voiture très recherchée. Habitué des concours d'élégance, David Sydorick n'en utilise pas moins cette voiture sur la route.

La classe H est certainement la plus spectaculaire cette année: Etudes de style de 1952 à 1965. Tandis que les constructeurs généralisaient la construction en série, les carrossiers durent rapidement se recycler en spécialistes du design. Le résultat fut l'apparition de nombreux exemplaires uniques sur lesquels les exemplaires de série furent ensuite basés. Attention les yeux. Commençons par cette Fiat 1400 B-Junior réalisée par Ghia (sans doute à trois exemplaires). La voiture fut achetée par le père de Gianluigi Trevisani qui la présente aujourd'hui.

Cette Cisitalia Ford 808XF de 1952 remonte a une rencontre entre Henry Ford II et Piero Dusio à Paris en 1951. Ford possédait deux Cisitalia et la marque Italienne avait désespérément besoin de nouvelles commandes. Il fut donc décidé de produire des voitures sous contrôle de Cisitalia, avec des éléments mécaniques et un moteur Ford et une carrosserie Vignale. Malheureusement, la production ne fut jamais lancée car Ford s'était entretemps tourné vers la production de sa Thunderbird. Les affaires avant la passion. Aujourd'hui, le cabriolet et le coupé appartiennent tous deux à Urs Jakob.

Bill Pope est le propriétaire de cette Lancia Aurelia B52 PF200 de 1952. La restauration de ce modèle, l'un des 5 produits, a été confiée à la division des projets spéciaux de Pininfarina. Elle remporte le prix du meilleur design intérieur mais j'avoue ne pas avoir de photos. Désolé.

Cette Fiat 8V Ghia Supersonic de 1954 appartenant à Jan De Reu a un fort air de famille avec la même déclinaison sur base de Jaguar vue ici même l'an dernier mais elle est tellement belle que ce n'est vraiment pas un problème. La 8V n'a été produite qu'a 114 exemplaires mais seuls 8 reçurent cette carrosserie Ghia très populaire à l'époque. Celle ci sort de restauration après avoir été retrouvée en Suisse en 1999 dans un triste état.

Corrado Lopresto est un collectionneur très averti et il n'est pas étonnant qu'il emporte la catégorie avec cette Lancia Aurelia B56 Pinin Farina de 1955. A coté du modèle de série, Lancia produisait des châssis réservés aux créations exclusives des carrossiers Italiens. Ainsi cette "Florida" fut construite sur un des 4 châssis aux spécifications B56 et est considérée comme le précurseur de la future Flaminia. Sa principale caractéristique est son absence de montant central entre les portes qui s'ouvrent en opposition (surnommées "Suicide doors").

Il est logique qu'à un moment donné, un carrossier qui a habillé des centaines de modèles pour les autres soit tenté par la création de sa propre voiture. Ce fut le cas de Ghia au début des années 60 qui développa ce prototype G230S. Basée sur une Fiat 2300S, la voiture bénéficia du savoir faire de l'atelier de Carlo Abarth pour ses éléments mécaniques. Deux exemplaires furent construits pour le Salon de Turin 1963 dont seul celui ci a survécu aux mains de Heiko Seekamp, ce qui suffit pour deviner la suite de l'aventure. Le design semble tout de même étonnamment classique pour la création d'un atelier de design. Peut être qu'avec plus d'audace?

L'Alfa Romeo 2600 fut produite pendant 8 ans, le spyder construit par Touring, la berline sortant directement de l'usine de la marque et la Sprint de chez Bertone. Certains exemplaires furent aussi habillés par Zagato mais cette carrosserie Pininfarina est un exemplaire unique. Il fut présenté en 1962 à Turin et Genève en configuration Spider avant d'être convertie en Coupé à Bruxelles en 1963. Roland D'Ieteren la présente dans sa version originale après restauration, plus réussie selon moi que la Ghia qui précède.

Un autre coup de tonnerre sur la Villa d'Este a été la présentation par Shiro Kosaka de cette Alfa Romeo Giulia 1600 TZ2 Pininfarina. Elle est basée sur la fameuse TZ (Tubolare Zagato) produite à 102 exemplaires. Ce concept fut montré pour la première fois à Turin en 1965 avant de quasiment disparaitre depuis. La voiture est vraiment très basse et conservée dans son état d'origine, y compris au niveau de la peinture qui montre les craquelures du temps. Cet ovni remporte un Prix d'Honneur, le Trophée FIVA de la voiture la mieux préservée et celui du design le plus excitant, tous deux attribués par le jury. Je pense que le mécanicien en combinaison Alfa ne s'est pas éloigné de plus de trois mètres de la voiture de tout le weekend.

       

Dernière catégorie, celle des concept cars et prototypes actuels. La première est la Spada TS Codatronca, créée en 2008 par Spadaconcept sur une base de Corvette, châssis et moteur. Le nom de la voiture est celui d'Ercole Spada qui fut responsable du bureau de style de Zagato durant ses grandes années (celui de la TZ par exemple). Voici le grand retour de l'excentricité à l'Italienne.

A l'opposé, Touring Superleggera présente son shooting brake Bentley Continental Flying Star, étudié à la demande d'un client et qui sera produit à 20 exemplaires.

Je pense vous avoir déjà tout dit sur la Ferrari P540 Superfast Aperta un peu plus haut. Mon opinion n'a pas changé.

       

J'ignore pourquoi je n'ai pas de photo de la Italdesign Giugiaro Frazer-Nash Namir (tigre en arabe), un coupé hybride inspiré du diamant et manifestement destiné à partir au Moyen Orient.

Enfin, sur base de 8C, voici la TZ3, l'hommage de Zagato aux cent ans d'Alfa Romeo.

Cette 328 Kamm s'est incrustée dans la parade

La Maserati lauréate de la Coppa d'Oro repasse en dernier pour aller réclamer son prix mais John Bookout Jr, le propriétaire, a hélas pour lui été retenu au Texas par le nuage de cendres. Je pense que sa joie a du être tempérée par quelques regrets de ne pas avoir pu assister en personne à cette victoire.

       

Je vous propose aussi un petit retour sur la grande triomphatrice, la Goutte d'eau:

       

       

La Mercedes et sa coupe

Les rangs des spectateurs s'éclaircissent très rapidement maintenant que la parade est terminée, d'autant que le ciel s'est de nouveau couvert. La jet set ne fait pas dans la dentelle quand il s'agit de quitter les lieux.

Pour moi, c'est une excellente occasion de revenir sur les voitures, sans tarder car certaines regagnent déjà l'abri du parking

       

       

       

Je m'attarde sur la Giaur qui dévoile des courbes d'une finesse insoupçonnée.

       

       

et sur les voitures qui m'ont le plus marqué

       

Il n'y aura donc encore pas de photos à la lumière rasante du soleil déclinant cette année. Je range les boitiers et rejoins Julien, Ludo et Matteo sur la terrasse de l'hôtel pour boire un coup. Ca fait du bien de se détendre et de profiter enfin du cadre et de la vue sur le lac. S Kidston est à quelques mètres à peine mais aucun de nous ne peut rassembler assez de courage pour aller lui demander de sortir sa McLaren alors qu'il vient de passer des heures à commenter brillamment la parade. La lumière tombe vite, aussi je décide de rentrer à l'hôtel alors que j'étais prêt à rester assez tard ce soir. Finalement Julien et Matteo parviendront à réaliser un shooting rapide de la McLaren environ une heure plus tard. Tant mieux pour eux car je crois qu'ils sont beaucoup plus amoureux de cette voiture que moi (mais c'est dommage quand même).

Ce soir, c'est fête, je descends au restaurant de l'hôtel au lieu de rester enfermé dans ma chambre comme c'est souvent le cas. Même si le repas, excellent au demeurant, me coûte plus cher que le prix de la nuit, je passe un très bon moment avec Etienne qui me raconte en détail son voyage au Cavallino Classic. A la table voisine, Serge Bellu semble lui aussi goûter l'hospitalité des lieux (dont je ne peux hélas par révéler le nom par respect pour ceux qui me l'ont indiqué, çà m'embêterait qu'ils ne puissent un jour réserver car les neuf chambres seraient toutes occupées). Une belle soirée après une très belle journée.

 

A un moment donné, je pense que tout photographe a envie de trouver un style qui lui soit propre, une sorte de signature qui permette d'identifier ses photos au premier coup d'œil. Webb Bland a ses Hello Series, Vincent ses cadrages décentrés... Pour ma part, j'ai déjà touché a pas mal de techniques différentes mais certaines sont assez fastidieuses (HDR) voire laides (fish-eye). Cependant, depuis quelques semaines (l'arrivée du 7D), je prends plaisir a faire des cadrages au zoom au ras du sol et les résultats me semblent très réussis (de mon point de vue en tout cas).

       

       

La méthode n'a rien de révolutionnaire: au 70-200 l'appareil est posé au sol, le cadrage se fait au Live view. Cela dit la simplicité est certainement un atout même si cette technique demande un sujet statique, un recul important et parfois une certaine dose de patience. En plus, ce genre de photos n'est pas monnaie courante sur le net. Il est donc probable que ce genre d'images se multiplie à l'avenir. Evidemment je suis intéressé par votre ressenti sur ce type de cadrages, alors n'hésitez pas à réagir. 

© Nicolas Jeannier