Retromobile Paris 2010

C'est un terrible lieu commun que de
dire que le temps passe très vite mais voici déjà la quatrième fois
que je me rends à Rétromobile, et je n'ai jamais été déçu. C'est
donc avec plaisir que je vois revenir cette date, idéalement placée
dans une période creuse. D'autant plus que cette année je pourrai
profiter de mon accréditation, contrairement à l'an dernier où une
obligation professionnelle de dernière minute m'en avait empêché.
J'ai prévu une longue journée puisque je pars de Besançon à six
heures pour revenir à minuit. Il faudra se calmer sur les achats de
bouquins, sous peine d'avoir l'épaule endolorie pour longtemps,
d'autant que je pars lourdement chargé.

Le marathon commence mal puisque je
dois gérer un appel de permanence à deux heures du matin, ce qui ne
manque évidemment pas de réveiller le bébé. Je ne suis donc pas
très frais quand je me lève à cinq heures et le voyage en train
n'est pas de trop pour récupérer quelques heures de sommeil.
S'ensuivent trois quarts d'heure de métro en pleine heure de pointe
avant d'arriver au Parc des expositions de la Porte de Versailles.
Concernant l'accréditation, c'est la plus rapide que j'aie jamais
reçue puisque l'accord est arrivé moins de cinq minutes après mon
mail de demande. En revanche, je n'ai pas reçu le sésame par la
Poste. Je retrouve Ludo à l'entrée qui m'accompagne au centre de
presse où je récupère le précieux papier. Il est plus de 09h30, le
salon ouvre au public à 12h00, il est donc temps de se mettre au
travail. Chaque année je peste contre la disposition des voitures
de la vente Bonhams. Mon principal objectif en venant aujourd'hui
veille des enchères est d'avoir un display plus ordonné. Hélas ce
n'est pas encore cette année que je pourrai me fendre d'un
compliment: avec 100 voitures au catalogue, la disposition est plus
serrée que jamais; il n'y a même pas d'espace privilégié pour les
stars de la vente. Finalement, le gros avantage de l'accréditation
est de pouvoir entrer sur le stand sans acheter le catalogue car,
du point de vue du photographe, le prix n'en vaut pas la chandelle.
Le dilemme serait alors le suivant: zapper et louper quelques
voitures significatives ou payer un prix démesuré par rapport à la
qualité des photos que l'on peut espérer.
En revanche, le gros avantage
des ventes aux enchères est que les organisateurs ont tout intérêt
à avoir un historique complet des modèles proposés, une histoire
limpide augmentant bien sûr la valeur de l'automobile proposée. Le
catalogue est donc un très bon moyen d'en apprendre plus sur
certains châssis, voire même de profiter d'anecdotes savoureuses. A
vrai dire, ces résumés sont d'une telle qualité qu'ils nécessitent
uniquement un peu d'élagage pour être repris ici.
Commençons par cette Ferrari
400 Superamerica Series I Coupé Aerodinamico de 1962 sn
3221SA

La philosophie du Coupé Aerodinamico
remonte au milieu des années 1950, lorsque Pininfarina développa
l'idée de la couverture partielle des arches de roue arrière et
intégra les projecteurs sur l'Alfa Romeo Superflow. Le prototype de
salon Ferrari Superfast de 1956, malgré ses ailerons, exprima
la même pensée. Ces thèmes venus à maturité furent exposés sur la
Superfast II, vedette du Salon automobile de Turin 1960. Si la
Superfast II était une pièce unique, son style, avec quelques
modifications mineures, telles que le choix de projecteurs fixes au
lieu de phares escamotables, fut essentiellement identique à celui
du Coupé Aerodinamico 400 Superamerica, vu à Genève l'année
suivante.
L'étude critique de la série des Ferrari appelée America, Super
America (ou Superamerica) et Superfast peut apparaître complexe. Ce
furent toutes de grandes voitures destinées à des clients
importants. Les 340, 342, 375 et 410 utilisaient le moteur Lampredi
à gros bloc. Ces Ferrari haut de gamme furent appelées America
jusqu'à l'arrivée de la série Superamerica qui débuta avec la 410
en 1955. En 1962, la 410 Superamerica fit place à la 400
Superamerica.
En termes quantitatifs, les séries America, Superamerica et
Superfast construites par Ferrari de 1951 à 1966 ne totalisent que
162 châssis. Lorsque les archives de l'usine livrèrent plus tard
des informations aux historiens, la liste des premiers clients
contenait de nombreux noms célèbres et attachés à la marque:
empereur Bao Dai du Viêtnâm, son épouse la princesse Nam Phuong, le
comte Fritz Somsky, le Shah d'Iran, le comte Giovanni Volpi di
Misurata, le prince Sadruddin Aga Khan, le président Juan Peron et
le roi de la comédie, Peter Sellers.
Du point de vue mécanique, la 400 Superamerica était presque
totalement nouvelle. Abandonnant le gros bloc Lampredi, Ferrari
revint au moteur Colombo de 4 litres. Le nouveau moteur
désigné 163 fut donné pour 340 ch environ. Selon l'habitude chez
Ferrari, la 400 aurait dû être appelée 330 Superamerica, mais elle
fut la première Ferrari à déroger à la règle traditionnelle
consistant à désigner un type par la capacité d'un cylindre. Ce que
signifiait « 400 » ne fut jamais vraiment éclairci. Certains y
virent l'indication de la puissance (« quelque peu optimiste »
écrivit Antoine Prunet) ou du moteur quatre litres (trop vague). En
réalité, cette appellation distingua ce nouveau type de la 410
Superamerica antérieure, une voiture d'ailleurs totalement
différente.
La 400 Superamerica fut produite en deux séries entre août
1959 et octobre 1963. Les 25 premières voitures furent construites
sur un châssis court de 242 cm d'empattement. Les cinq premiers
numéros de châssis de la série 400 Superamerica ne furent pas des
Coupés Aerodinamicos, mais deux coupés spéciaux et trois
cabriolets, tous signés Pininfarina. Sur le solde, dix-sept furent
des coupés profilés avec projecteurs découverts ou masqués. La
seconde série comprit 22 autres voitures dont 18 Coupés
Aerodinamicos, toutes construites sur le châssis normal de 260 cm
d'empattement.

L'historien de Ferrari, Marcel Massini, a compilé une brève
histoire de la Ferrari Superamerica Coupé Aerodinamico châssis n°
3221 SA. La voiture fut achevée par Pininfarina le 30 janvier 1962
avec une carrosserie construite sur un châssis série 1 de 242 cm
d'empattement. La teinte d'origine était bianco (blanc) et
l'intérieur en cuir Connolly grigio (gris). Le châssis n° 3221 SA,
le douzième des dix-sept coupés profilés, se caractérisait par la
très désirable option concernant les projecteurs dissimulés et une
petite prise d'air habillée de chrome sur le capot. L'usine indique
36SA pour le numéro du moteur en interne.
Vendue neuve en France par l'importateur officiel Ferrari, la
société Franco-Britannic Autos, elle fut remise à Hubert
Charpentier, de Paris. L'aristocratie apparaît aussi dans la liste
de ses premiers propriétaires avec le nom du marquis de
Saint-Didier. En 1986, un célèbre amateur d'art français récupéra
le Coupé Aerodinamico. Alain-Dominique Perrin qui venait d'arriver
à la tête de Cartier International et de Cartier SA créa la
Fondation Cartier pour l'Art contemporain à Paris. Perrin qui sut
reconnaître l'importance de la 400 Superamerica fit reconstruire
totalement 3221 SA en Italie. Après quelques années passées en
France, Philippe Lancksweert, de Belgique, acquit la voiture en
2005 et la fit restaurer par Carrozzeria Bachelli et Villa à Modène
qui rendit au coupé sa couleur blanche d'origine et son intérieur
en cuir gris Connolly. L'actuel vendeur acheta la voiture en
2007.
Pour ma part, j'avais déjà vu 3221SA à Maranello pour les
soixante ans et c'est vrai que le gabarit de la voiture est
étonnamment compact. J'ai l'habitude d'enlever la majorité des noms
de propriétaires de ce genre de résumé mais la 400 Superamerica est
passée par tant de propriétaires étroitement liés à Ferrari que
cela me semble une indication significative de l'importance de ce
modèle. Enfin, la voiture n'a pas trouvé preneur au cours de la
vente (estimation entre 800 000 et 1 million d'euros.)
Seconde Ferrari d'importance, cette
330 GT Coupé by Michelotti de 1967, sn 9083

À la fin des années 1950, les activités commerciales de Ferrari
s'étaient concentrées sur la production des types routiers et
l'augmentation en volume qui en résultait facilita pour la première
fois l'établissement d'une gamme de modèles « standardisés ». Les
coupés et les cabriolets à deux places étaient bien représentés et
Maranello ne manquait que d'une prétendante au marché des Grand
Tourisme à quatre places qui prenait de plus en plus
d'importance.
L'extraordinaire succès de la
première voiture de ce genre chez Ferrari - la 250 GTE 2+2 -
démontra sans appel qu'un tel marché existait. Produite pendant
trois ans seulement entre 1960 et 1963, la 250 GTE se vendit à 950
exemplaires soit à peu près le total de toutes les Ferrari de route
construites de 1947 à la date d'introduction. Sa remplaçante - la
330 GT 2+2 - arriva en janvier 1964. Plus longue sur empattement de
50 mm par rapport à la 250 GTE, la 330 GT donnait davantage
d'espace à ses passagers arrière en prouvant que son châssis avait
été conçu dès le début pour une « 2+2 ».
Sur la base de celui de la 400 Superamerica, le moteur V12 quatre
litres Colombo de la 330 GT offrait facilement au moins 300 ch,
puissance suffisante pour atteindre 245 km/h. Reflétant la demande
croissante en faveur de types sport à quatre places, le succès de
la 330 GT 2+2 alla jusqu'à éclipser celui de sa devancière, 1 080
exemplaires trouvant preneurs entre 1964 et 1967.
Après les années 1950, il n'y eut qu'un nombre limité de Ferrari à
carrosserie spéciale mais à la fin des années 1960, il y avait très
peu d'options « différentes » et Luigi Chinetti le savait, comme il
connaissait sa clientèle suffisamment bien pour savoir aussi qu'il
y aurait toujours un acquéreur pour une Ferrari spéciale ou unique
en son genre. À l'occasion, il saurait donc s'adresser à des
carrossiers capables de lui habiller sur mesures des châssis
Ferrari.
Le styliste que choisit Chinetti pour produire une Ferrari unique
fut Giovanni Michelotti. Ce dernier avait cessé de travailler pour
une firme de carrosserie spécifique et avait fondé son propre
bureau d'études de telle sorte qu'il fût en mesure de créer des
modèles pour des constructeurs qui lui paieraient ses
travaux, devenant l'un des premiers stylistes
indépendants. À partir de 1960, afin de construire ses modèles,
Giovanni créa sa propre entreprise qu'il appela simplement
Carrozzeria Michelotti.

Initialement, « 9083 » livrée
neuve en Grigio Fumo avec intérieur en cuir rouge, elle
revint chez Chinetti en 1968 après que son deuxième propriétaire
eût endommagé la carrosserie dans un accident, lequel ne fut
probablement pas grave car la voiture a conservé jusqu'à
aujourd'hui tout son groupe motopropulseur et son châssis. Chinetti
renvoya la voiture en Italie chez Michelotti où le styliste
l'habilla de cette carrosserie unique de coupé. Cet intéressant
modèle ne fut pas seulement d'avant-garde en son temps, mais il
offrit un habitacle spacieux et aéré avec du volume pour les
bagages. Ce fut la deuxième des deux Ferrari que Michelotti allait
réaliser sur des lignes semblables, l'autre étant une version
spyder presque identique qui s'en distinguait par les moulures
latérales.

La voiture restaurée fut présentée au Concours d'élégance de
Pebble Beach 1989 où elle fut classée deuxième. Elle remporta
également une récompense au Concours d'élégance de Greenwich 2006,
décernée à la « Ferrari la plus extraordinaire ». Il s'agit
donc d'un modèle unique, le seul coupé dessiné et construit par
Michelotti.

Pour ma part et d'un point de vue
totalement subjectif, je n'ai pas été impressionné par la
carrosserie de cette voiture. Je n'apprécie pas les phares arrières
mais c'est la jonction entre le pavillon de toit et le montant qui
me gêne le plus. Certes la voiture semble être un modèle de
luminosité avec ses immenses surfaces vitrées et le coffre est
gigantesque mais il y a là quelque chose qui ne colle pas, selon
moi. Estimée entre 400 et 500 000 euros, la 330 n'a pas trouvé
preneur.
Pour les autres Ferrari, étaient
proposées une 412 GT blanche sn 62123, adjugée 35 650 euros et une
400i GT sn 47029 emportée pour 34 500 euros.

ainsi qu'une 512 BB sn 35103 (non
vendue) et une 308 GT4 sn 9378 partie pour 32 200 euros ! La cote
des petites Ferrari est à la hausse.

Enfin, cette carrosserie de 250 GT
Berlinette aluminium a été adjugée 47 150 euros. Pas de détails
concernant ce curieux objet. En tout cas, le bouchon du réservoir
aurait probablement besoin d'être retravaillé.

Monteverdi Hai 450SS
Coupé, Châssis no. TNT 101
Le caractère ombrageux d'Enzo
Ferrari lui a permis de hisser sa marque au sommet de la création
automobile mais a également permis l'avènement d'autres voitures
remarquables en piquant au vif l'orgueil de clients ou de
collaborateurs. L'exemple le plus célèbre est bien sûr celui de
Ferruccio Lamborghini mais il y en a bien d'autres. Peter
Monteverdi en fait partie, qui fut importateur Ferrari jusqu'à un
"désaccord majeur". La Hai (requin) 450SS présentée à Genève en
1970 vient sans doute de l'idée de titiller le cheval cabré, et la
voiture Suisse fit sensation. Elle est motorisée par un énorme V8
Chrysler Hémi de 7 litres et 450 chevaux. Seules 4 Hai furent
construite et celle ci fut la seule a être jamais vendue. En 1973,
la crise pétrolière frappa l'industrie automobile de plein fouet et
Monteverdi allait faire partie des victimes. Les trois autres Hai
furent donc destinées a rester la propriété du Musée Monteverdi.
TNT101 a retrouvé en 2006 sa livrée "purple smoke" du salon de
Genève et se trouve donc être le seul exemplaire de Hai disponible
sur le marché. Exclusivité reflétée par son prix: elle a été
adjugée 398 000 euros.

Bugatti Brescia Type 22
Roadster de 1925, Chassis no. 2461, moteur no. 879, vendue
au profit de la fondation Damiano Tamagi
Cette Bugatti est incontestablement la vedette médiatique de
la vente, du fait de son histoire très particulière. Elle
est restée immergée au fond du Lac majeur en Suisse durant plus de
70 ans. Sa localisation était connue du club de plongée local
depuis bien des années, mais en février 2008, un événement tragique
a précipité le projet de sa récupération. Le 1e février, Damiano
Tamagni fut agressé et battu à mort par trois jeunes. Damiano
et son père Maurizio étaient tous les deux membres du club de
plongée d'Ascona et il fut décidé de renflouer la Bugatti afin
d'employer le produit de sa vente au financement d'un projet
caritatif institué en mémoire de Damiano, la « Fondazione Damiano
Tamagni » en faveur de la lutte contre la violence des
jeunes.
Mais comment cette Bugatti était-elle parvenue au Lac
Majeur? La voiture fut immatriculée la première fois en 1925
en plaques françaises et elle ensuite probablement été ramenée
en Suisse sans être dédouanée. Elle
a donc toujours circulé en Suisse sous plaques
Françaises et les droits de douanes n'ont jamais été
payées. En 1936, les douaniers locaux auraient insisté pour
percevoir les droits impayés, dont le montant se seraient
élevés à une somme supérieure à la valeur de la Bugatti, alors âgée
de onze ans et bien usée. La loi prévoyant dans ce cas la
destruction de la voiture, le moyen le plus simple aurait consisté
à l'immerger dans le lac voisin. Pour faciliter sa récupération, la
Bugatti fut attachée à une grosse chaîne, mais celle-ci attaquée
par la rouille cassa et la voiture plongea au fond du lac à 53 m de
profondeur.
Elle devait y demeurer, oubliée,
jusqu'au 18 août 1967 lorsqu'un plongeur, Ugo Pillon, découvrit la
Bugatti, couchée sur le flanc gauche et en partie enfouie dans la
vase. Pillon l'avait cherchée pendant un certain temps et, après sa
découverte, la voiture devint un site de plongée favori des membres
du club. Le 12 juillet 2009, après un séjour de 73 ans au fond du
Lac Majeur, la Bugatti fut finalement sauvée des eaux par Jens
Boerlin et ses camarades du club de plongée d'Ascona. Sa longue
immersion dans le lac s'est traduite par une détérioration quasi
générale, les pièces en fer ou acier étant notamment très corrodées
surtout du côté droit, le plus exposé.
Pour ce qui est du devenir de la
voiture, il a été estimé que 20 pour cent seulement des
pièces originales seraient récupérables. Un réplique fidèle
pourrait être construite sur le modèle de « 2461 » pour un prix
sensiblement égal à celui d'une restauration complète. Le plus
judicieux serait peut être en définitive de conserver la
Brescia dans son état actuel à des fins d'exposition. Quand nous
arrivons, la "belle" se cache sous un drap blanc mais au bout d'un
moment, elle est débâchée. Première constatation: le coté
enfoncé dans la vase a été relativement bien préservé.

De l'autre il ne reste
quasiment rien. En tout cas, c'est une belle occasion de voir de
quoi est réellement faite une Bugatti: une armature en
bois

une
carrosserie incroyablement fine

un faisceau
électrique simple et un moteur à toute épreuve.
L'épave,
comment la nommer autrement, a finalement entendu le marteau tomber
sur le chiffre hallucinant de 260 000 euros, à coup sûr une
incroyable surprise pour l'association qui va recevoir les fonds.
Espérons qu'elle sera conservée en l'état car après l'avoir vue, il
est évident que toute voiture qui porterait ensuite le numéro de
châssis de celle ci serait une reconstruction intégrale. 260KE pour
acheter un numéro, ce serait quand même étonnant.
Parmi les
autres lots intéressants (et photographiables), on trouve une Alfa
Romeo 8C 2300 aux spécifications Monza de 1932 qui revendique une
vitesse de pointe de 225 km/h. C'est avec ce genre de voiture que
Tazio Nuvolari remporta de nombreuses victoires. Celle ci fut une
des quatre voitures immatriculées par l'usine juste avant la
Mille Miglia. Elle a donc pu faire partie des voitures officielles.
Estimée entre 1.3 et 1.6 million d'euros, elle n'a pas trouvé
preneur.

Une Riley
Brooklands Sports. La carrosserie est indubitablement la caisse
Riley la plus originale et la plus importante jamais mise sur le
marché. Considérée comme détruite, mais abandonnée au fond d'un
atelier pendant des années, c'est la carrosserie de la Riley
Brooklands « VC 8304 », la voiture victorieuse pilotée par C. R.
Whitcroft au TT d'Ards 1932 et vainqueur de l'indice de performance
au Mans en 1933 aux mains d'Alex Van der Becke et Kenneth Peacock.
Cette carrosserie historique fut achetée à la fin des années 1970
avec le châssis « 8060 » présenté ici et diverses autres pièces de
Riley Brooklands. Elle porte encore les stigmates de son illustre
passé et le plus grand soin a été apporté à la préservation de
cette patine originale, raison pour laquelle la carrosserie a été
laissée en aluminium naturel afin de révéler sa provenance sans
équivoque. Exemple : à l'arrière, sous les courroies en cuir faites
à la main, on peut voir nettement les marques d'usure des courroies
originales que l'on peut constater sur les photos d'époque de la
voiture victorieuse au TT d'Ards. Non vendue.

Une Delahaye 135
3.6l Sport. Cette fois la carrosserie type Le Mans qui l'équipe
actuellement n'est pas d'origine, non vendue.

Une Talbot Darracq
GP recarrossée, non vendue

Cette Fulvia Sport
1300 Series 1 Zagato à carrosserie alu est partie à 27600 euros !
Je l'aurais bien achetée celle ci, elle est magnifique.

Une DS21
décapotable adjugée 189 000 euros ! et une ID19 Rally restaurée, 40
800 euros.

Une Cadillac V16
dual-cowl phaéton (double pare brise) dont l'amusante particularité
est d'avoir le compteur de vitesse sur le tableau de bord arrière.
Respecter les limitations de vitesse devient un sport d'équipe
!

Dans
l'ensemble, le résultat de la vente est plutôt décevant (hormis
l'incroyable vente du sous marin), la majorité des plus gros lots
étant restés sur le carreau et le reste étant plutôt parti en bas
des estimations. Bonhams retrouvera RM à Monaco le premier weekend
de mai pour deux ventes quasi simultanées. A priori je ne serai pas
de la partie même si une Tour De France est annoncée par RM.
Néanmoins tout reste possible car il pourrait y avoir une surprise,
avec une tête d'affiche dont RM a le secret. Un thread est en cours
en ce moment sur Ferrarichat dont il ressort que les ventes aux
enchères ont de beaux jours devant elles. En effet, de nombreux
collectionneurs possédant de grosses collections atteignent
désormais un âge avancé, et envisagent leur succession. Leurs
enfants ne sont pas forcément intéressés par l'automobile et la
transmission de cash est souvent plus aisée que celle de véhicules.
On peut donc s'attendre a de très gros lots dans les années à
venir. Récemment, on a vu les voitures d'Antoine Midy par exemple.
Celles de Jean Sage sortiront peut être bientôt et je dois dire en
tout honnêteté que j'aimerais vraiment voir la 375 Plus échapper à
la collection Bardinon et ressortir à l'air libre, si possible du
vivant de cet extraordinaire collectionneur.
Après
Bonhams, nous nous dirigeons vers le stand de carclassic.com.
L'exemple de ce qui ne faut pas faire. Au même titre que chez
Bonhams, le stand est absolument blindé de voitures serrés comme
des sardines. Là encore, la qualité n'est absolument pas en cause,
bien au contraire puisque se côtoient une des 50 Porsche 993 GT2
Street d'usine
et une
magnifique Ferrari 250 Tour de France posée là comme un modèle
anonyme. Il s'agit de 0899GT qui était déjà sur ce stand l'an
dernier mais qui a depuis gagné cette bande blanche longitudinale.
Le catalogue indique qu'elle n'est que partiellement certifiée par
Classiche du fait que son moteur, quoique conforme aux
spécifications TDF, n'est pas "matching numbers" avec le châssis
(il est basé sur un moteur de 250GT). Et que Classiche accepterait
de vendre le bon moteur au propriétaire de l'auto. Si je lis bien
entre les lignes (reconstruction complète du moteur puisque
l'original serait dans une 250 GT Cabriolet), c'est un coup à se
retrouver avec deux moteurs 0899GT dans la nature. Mais je peux me
tromper. Il semblerait également que la carrosserie originale soit
montée sur une 250 GTE. Autant dire que bien que toutes les pièces
semblent exactes, il ne reste pas grand chose de la voiture qui se
tailla un palmarès respectable de 1958 à 1960 (au moins 12 podiums
documentés).
Sans oublier
une F40 et une Lancia Stratos, pour ne citer que les plus
exclusives. Je peux comprendre qu'un marchand possédant un tel
catalogue ait envie de montrer ses trésors mais cette débauche de
modèles contribue plus à les banaliser qu'à les mettre en valeur.
Pour moi, mais c'est un point de vue de photographe, les grands
stands avec une demi douzaine de voitures incroyables, comme ceux
de Lukas Hüni ou de Hall & Hall, sont beaucoup plus
marquants.

A tel point
que tout comme chez Bonhams, je lève rapidement le camp sans
détailler plus avant des modèles magnifiques. A quoi bon pour en
ramener des photos hideuses? Je déteste vraiment cette espèce de
foire à l'occasion qui dévalorise les modèles présentés. Ca
fait vraiment fourre tout.

Puisque j'ai
cité Lukas Hüni en exemple, allons voir maintenant à quoi ressemble
un stand étudié pour frapper l'imagination et pour le bonheur des
photographes. Ici au moins on voit la couleur de la moquette, ce
qui permet de faire ressortir le jaune de cette magnifique Ferrari
512M jaune sn 1002 qui termina deuxième aux 1000 kilomètres de
Paris en 1970 et au Tour Auto en 1971 avec José Juncadella
et Jean-Pierre Jabouille. Elle mena également les douze
premières heures des 24H du Mans en 1971 avant d'abandonner.
Commandée par l'Escuderia Montjuich Espagnole, il semblerait que ce
soit la seule des 25 voitures à ne pas avoir été livrée en rouge,
pour ce que çà vaut.

Revue de
détail.

Deux
Maserati viennent compléter ce magnifique line up: une Birdcage, la
quatrième produite, livrée à Loyal Katskee en 1959 qui l'engagea
dans de très nombreuses courses aux Etats Unis jusqu'en
1961.
et une
sublime 300S Shortnose ex Scuderia Parravano. Elle termina deuxième
à Palm Springs et troisième à Nassau en 1955 avec Masten Gregory
avant de s'imposer à Torrey Pines. Elle porte la traditionnelle
livrée rouge avec les bandes noires et blanches.


Et sur
l'estrade centrale, une extraordinaire Siata 208CS qui fut
construite pour faire partie de l'écurie d'usine aux Mille Miglia
1952. Elle dut abandonner mais l'une de ses deux sœurs termina à
une très belle 11ème place.

avec un très
sympathique clin d'œil à Jean Sage.
J'apprécie
tout particulièrement les surfaces vitrées étroites, qui rappellent
un peu l'aviation.
C'est
vraiment LE stand où les voitures sont mises en valeur et où le
photographe peut s'en donner à cœur joie. Le second stand du même
genre est Hall&Hall qui propose lui aussi quelques merveilles.
Notamment une des mes Bugatti préférée, très profilée, la T46
Superprofile. La carrosserie a été fabriquée par Ashton Keyes
Vintage Restorations sur un châssis original acheté à la Collection
Schlumpf.
Une Alfa
Roméo Nardi Danese carrossée par Motto, qui aurait participé à deux
Mille Miglia et deux Targa Florio

une Ford GT40 Mk
III

Et deux F1
de grande importance: une BRM P261 qui, si j'en crois la fiche qui
l'accompagne, a connu de beaux succès avec Jackie
Stewart


et une Ferrari
312B châssis N°003. La 312B était la première Ferrari de F1 à douze
cylindres à plat. Celle ci appartient au même propriétaire depuis
1973, en première main puisqu'elle a été achetée à Ferrari. Sauf
erreur il n'existe que 4 exemplaires de 312B et ce châssis a été
piloté en 1970 par Jacky Ickx et Clay Regazzoni, avec trois
deuxième places à la clé.

Egalement
présentée, cette réplique de Bugatti Royale Type 41 créée en grande
partie de pièces originales et exacte en tous points. Elle vient de
la collection privée de M Wheatcroft qui a consacré 12 ans et des
millions de livres pour lui donner naissance. Quand le prince
héritier du Danemark, Joachim, demanda à la collection Schlumpf de
pouvoir utiliser sa Royale pour son mariage, il essuya un refus. Ce
fut donc cette voiture qui fut utilisée en remplacement. M
Wheatcroft a disparu en octobre 2009 à l'âge de 87 ans (une
illustration de ce que j'indiquais plus haut).

Le stand
Sport & Collection est toujours bien fourni, avec cette année
une BB LM sn 30559
et une
superbe 275 GTB vert foncé sn 06449, qui a d'ailleurs eu les
honneurs du magazine Cavallino N°173 en novembre
dernier.


Brandon Wang
et Grégory Noblet semblent apprécier tout
particulièrement.
Je vous
propose de poursuivre avec le tour des Ferrari: chez Fiskens, une
275 GTB Competition sn 9057 tout juste repeinte dans une magnifique
teinte Silver Blue (elle était déjà venue ici dans une livrée rouge
avec une bande longitudinale bleue, moins séduisante). Vraiment un
exemplaire sublime.

Chez Classic
& Sport Cars, on a de bonnes relations puisque sur leur stand
trônent notamment une 250 Passo Corto,
une Jaguar
Type D
et une
Gordini

Le dernier
des stands bien fourni en Ferrari est celui de la Carrosserie
Lecoq, avec la 250 California LWB bien connue, sn
1527GT,
ainsi qu'une
Dino 246 GT et une Daytona Spider sn 14537.

Bugatti
n'est pas en reste mais il convient toujours de rester extrêmement
méfiant. Ainsi la voiture ci dessous à gauche n'a pas le badge
Bugatti sur la célèbre calandre. En effet, la société
Establecimiento Pursang SA, basée en Argentine, est spécialiste des
répliques des anciennes voitures de course. Et cette fois, je ne
pense pas que des pièces d'époque ou de la marque entrent en ligne
de compte. Celle de droite est une vraie.

Rétromobile
est aussi l'occasion pour des marques de faire des expositions
mélangeant leurs modèles historiques avec leurs dernières nées.
Ainsi Mercedes propose un superbe stand, comme l'année dernière,
sur le thème des portes papillons. On y trouve donc le prototype
unique de la 300 SL.

Une 300 SL
de "série"
et la
nouvelle SLS AMG dans une très jolie teinte rouge sombre, plus
seyante que le rouge vif de Francfort. J'aurais aimé voir la dorée
présentée à Dubaï mais je ne sais pas si la marque à l'étoile osera
un jour faire preuve d'autant d'audace sur le vieux
continent.
Citroën
propose en plus de sa DS3 un stand très rétro dont l'orange m'a
rappelé le cadre de vie de mes (très) jeunes années. Un écrin pour
une SM et une GS.
Non loin de
là, cette chenillette ayant participé à la Croisière Blanche au
Canada. Un des animateurs du stand s'approche quand il nous voit
prendre des photos pour nous conter l'histoire de ce modèle. Cinq
chenillettes étaient parties pour ce nouveau défi mais de fortes
pluies obligèrent les aventuriers à renoncer. Trois chenillettes
furent perdues sur un guet d'une rivière en crue et les deux
dernières abandonnées. Plus tard, les Canadiens se servirent des
deux rescapées pour sortir les trois autres de l'eau et fabriquer
un véhicule en état. Il fut ensuite récupéré et restauré dans cet
état impeccable. Une rencontre très sympathique en tout cas qui
jette un éclairage particulier sur ce modèle qui n'aurait peut être
pas figuré sur cette page sans cette anecdote. Voilà qui démontre
que tous les véhicules exposés à Rétromobile ont sans doute une
histoire passionnante mais il est difficile de les connaitre
toutes.
En plus de
la nouvelle 8C, Alfa Romeo a sorti du Musée officiel une des deux
C52 Disco Volante Spider produite. Une étrange voiture à
carrosserie de section transversale ogivale destinée à limiter les
effets du vent latéral. Elle ne courut jamais mais quelle belle
façon pour Alfa Romeo de fêter son centenaire que d'amener ce bijou
ici.

La
malle arrière est plutôt fascinante. L'ultime preuve que les grands
constructeurs prennent Rétromobile très au sérieux car ils
déplacent des modèles vraiment très rares de leurs Musées
privés.
Autre
rareté, cet exemplaire unique de Lamborghini Countach LP400 Spider
"Mardikian", du nom de l'importateur américain qui a réalisé cette
modification en 1981 pour la rock-star Rod Stewart. Pas sûr que la
rigidité suive mais bon.


Retour chez
Fiskens avec cette Fiat 8V Zagato, châssis 00076 d'un vert très ...
anglais

et cette MG
K3 dans son jus, sortie de grange après 40 d'immobilité.
Couleur
inhabituelle également pour cette Aston Martin DB4 GT, bleue
intérieur rouge. Un des rares exemplaires à volant à gauche qui a
concouru en Suisse entre 1962 et 1965.

Une des
particularités de Rétromobile, qui fait à la fois son charme et
cause quelques désagréments, est le mélange des genres entres les
voitures, les librairies, les miniatures, les artistes et les
pièces détachées, le tout dans un seul et unique hall dont les
allées ne sont pas rectilignes. Un vrai jeu de piste qui réserve
quelques surprises au détour des allées, comme ce châssis Bugatti
sur un stand qui semble vendre des plaques émaillées et des
enseignes.

Ou ce stand
d'un club Mustang à l'écart des autres stands de
voitures.

On y trouve
d'ailleurs un très rare exemplaire de Mustang Shelby.
Les voitures
de compétition ne sont pas en reste, avec des Formule 1, comme
cette Ligier
ou cette
Renault Turbo (sans un mot pour Jean Sage cette fois, dommage),
dont les détails montrent toute la rusticité de
l'assemblage.

En Sport
Prototypes, voici la Matra 670 vainqueur du Mans en 1972 avec
Graham Hill et Henry Pescarolo

ou encore cette
Porsche 935 2.0 Baby développée en 1977 pour incorporer la classe
des petites cylindrées (moins de 2L) du championnat Allemand des
voitures de course. Son moteur de 1.4L développe 370 chevaux. La
935/2 Baby ne va pas pouvoir prouver son potentiel lors de la
première course de Norisring, en raison de problèmes de
refroidissement. Mais dès l'évènement suivant, à Hockenheim, le
pilote belge Jacky Ickx remporte la course après avoir signé le
meilleur temps en qualification. Ce seront les seules
participations en course de la 935/2. Exemplaire unique donc !

Au détour des
stands, je rencontre aussi une Talbot et une OSCA

ainsi que cette
Corvette

ou encore cette
Maserati Ghibli

A midi, le
public entre en nombre: le salon s'annonce une nouvelle fois comme
un beau succès. Pour ma part, après deux tours complets du salon
avec trépied, sac à dos et boitiers en bandoulières, je suis déjà
fourbu. Je décide de ranger le matériel lourd pour garder
uniquement en main le 70-200 et faire une revue de détail. Chaque
année je suis émerveillé par le regard de certains photographes qui
parviennent à transcender des détails quasi invisibles. C'est donc
reparti pour un nouveau tour complet. Ligier,

Hüni



Fiskens
.

et ainsi de
suite





Les stands
de miniatures semblent particulièrement nombreux cette année et
l'un d'eux propose des tarifs particulièrement attractifs: la
Libreria Autodromo. J'ai instantanément le coup de foudre pour une
458 blanc mat de chez BBR. Elle existe sur base en cuir autographié
par les associés de la marque, tirage exclusif à 6 exemplaires pour
Rétromobile mais il me semble apercevoir un léger défaut
d'assemblage au niveau d'une des optiques avant. Je me rabats donc
sur le même modèle en édition standard Concept43. Elle est sublime.
Je l'accompagne du dernier annuel World in Red et ce seront mes
seuls achats de la journée. Ludo m'a dit avoir vu Serge Bellu et
quelques exemplaires de son nouveau livre pour lequel j'avais
souscrit mais je préfère le recevoir par la Poste, vu son poids.
Maurice Louche sort également un nouvel ouvrage sur le Tour Auto de
1899 à 1986 mais je le commanderai plus tard. Je suis déjà bien
chargé.
Au niveau
des miniatures, on trouve aussi les plus exclusives, comme des
modèles de Frédéric Suber ou cette 250TR vainqueur du Mans 61, au
prix de 950 euros.
ou ce proto
de 250 GTO chez LP Creation.

Il est temps
d'aller voir les artistes, toujours nombreux à exposer ici. Les
plus célèbres sont là, comme Yoshida
ainsi que
quelques inédits comme Natacha Toutain, qui démarre d'un bout de
photo pour peindre le complément en en laissant une partie
volontairement inachevée.
Les
personnalités les plus populaires sont sans surprises Steve
McQueen, Ayrton Senna et Paul Newman. Ici par Jean Christophe
Martinez.

Tous les formats
et tous les matériaux sont représentés



C'est pour moi une
facette importante de Rétromobile

ce qui explique
que je m'y attarde assez longuement

Là on est pas dans
l'art mais on le frôle avec les pompes à essence vintage

et un fauteuil qui
en fera pâlir de jalousie plus d'un (mais pas les tifosis)

A quatorze
heures, je me pose car je suis vraiment épuisé par le poids que je
trimbale. Je dis toujours que l'éclairage de Rétromobile laisse à
désirer, et je le prouve: hormis les stands qui bénéficient de
leurs propres spots, les autres ne sont éclairés que par ces rampes
de néons anémiques.
Je range
cette fois le 70-200 pour repartir à main levée avec le 10-22.
Celui ci se montre étonnamment lumineux et permet de garder des
vitesses très satisfaisantes pour shooter à main levée. Je peux
ainsi éviter plus facilement les barrières gênantes ou prendre des
angles moins monotones.




J'en profite
également pour visiter l'exposition sur les voitures de travelling.
Ces monstres ultra modifiés pour emporter des caméras et des
éclairages puissants, comme cette Oldsmobile,
cette
DS,

cette Cadillac V8
8.2L

ou ce camion
qui n'aurait pas déparé dans le film Duel. Les accessoiristes ont
vraiment laissé libre cours à leur imagination débridée.

Mes dernières
photos sont pour Peugeot, que j'avais un peu négligé jusque là. J'y
retrouve avec surprise la type 601D Coupé Transformable de 1935 que
j'avais vue au Musée de la marque fin 2009. Et elle est beaucoup
mieux placée cette fois.

A dix huit
heures, je suis sur place depuis près de neuf heures et la foule et
le brouhaha constant deviennent pesants. Même si mon train n'est
que dans trois heures trente, je décide de partir. Je vais
directement à la gare, qui n'est définitivement pas le meilleur
endroit pour poireauter: un palais des courants d'air sans endroit
chaud ou se réfugier. Le TGV me sert une nouvelle fois de dortoir
après cette éprouvante journée.

Il est temps
de conclure. Sur le moment, j'ai eu le sentiment que cette édition
était un peu en retrait des précédentes mais en triant les photos,
je m'aperçois qu'elle a tout de même été très bonne, même si
l'espace réservé aux véhicules a peut être un peu diminué au profit
des stands commerciaux. Les stands emblématiques (Hall&Hall et
Lukas Hüni) ont été à la hauteur. Rétromobile reste une excellente
façon de lancer l'année automobile.
Personnellement, j'ai cette fois bien retenu la leçon
concernant le matériel: il convient d'éviter de se charger
inutilement (c'est pourtant une évidence). J'ai d'ailleurs décidé
d'aller à Genève en mode ultra light, sans trépied le premier jour,
quitte à retourner le lendemain avec le matériel lourd en cas de
besoin. Cela devrait me donner davantage de souplesse, notamment
pour m'asseoir dans les voitures et faire des vues des
intérieurs.
Avant cela,
je vous donne rendez vous la semaine prochaine pour de l'inédit,
sans voitures. Je compte mettre à profit le sommet économique de
Davos pour vous proposer une mise à jour originale, qui pourrait
bien tourner à la catastrophe intégrale. On verra!
Ensuite,
c'est avec grand plaisir que je vous annonce que je passerai trois
jours à Maranello dans moins d'un mois pour chasser la 458 dans son
habitat naturel: sur la route. Attendez vous donc à la voir sous
tous les angles et de toutes les couleurs (en tout cas j'espère). A
bientôt.
© Nicolas
Jeannier