Artcurial_Retromobile_2016_049

Ce vendredi 5 février, la vente de la Ferrari 335 Sport Scaglietti par Artcurial Motorcars a éclipsé toutes les autres enchères du weekend. Une Ferrari à 32millions d’euros, qui soit dit en passant en fait la voiture la plus chère vendue aux enchères publiques, cela ne se voit pas tous les jours ; et pourtant, c’est une maison de vente française qui a réussi un tel exploit.


L’an dernier, le trio Hervé Poulain, Matthieu Lamoure, Pierre Novikoff avait déjà réalisé une vente exceptionnelle avec la collection Baillon, cette année, il fallait confirmer et rééditer l’exploit.


Avec une pièce maitresse de l’histoire Ferrari en compétition comme la 335 S de 1957, les enchères allaient vite grimper pour stagner en dessous de l’estimation la plus basse ; il a fallu la patience et la ténacité d’un Hervé Poulain pour amener tout doucement la dernière enchère à 28 millions d’euros hors taxes. L’acquéreur, resté anonyme, déboursera finalement 32.075.200 € pour profiter de son bolide. Peut-être la reverra-t-on prochainement sur les circuits ou les ‘green’ de Pebble Beach ?


C’est un véritable marathon qui débuta à 15h00 précise pour s’achever vers 21h30, il allait tenir en haleine une salle remplie à craquer. L’excitation et la tension étaient quelques fois palpables et Maître Poulain failli à plusieurs reprises perdre son sang froid, car certains spectateurs curieux ou ignorants les règles les plus élémentaires  des ventes aux enchères, enchérissaient par erreur en saluant un ami par de grands gestes ou en faisant des selfies !!! Hallucinant quand même.


A part la Ferrari de Pierre Bardinon, quelques lots se sont également bien vendus, comme l’Aston Martin DB4 Convertible série 5 de 1963 vendue à 1.473.200 €, la Ferrari Testarossa Spider ‘Agnelli’ de 1986 partie à 1.210.080 €, suivie d’un Yacht, le Moonbeam III à 1.107.120€ ou une Lamborghini Countach ‘periscopio’ à 1.072.800€. Les Bugatti de la collection Gildo Pastor ont déchainé les passions puisque l’EB 110 SS du record de vitesse sur glace s’est vendue à 929.760 €, l’EB 110 SS LM à 941.680 €, mais l’EB 112 n’a pas trouvé acquéreur. Ferrari restait encore dans le top des ventes avec une Daytona coupé partie pour 953.600€, ainsi qu’une 250 GT Coupé PF de 1959 pour 524.480€. L’Alfa Roméo Giulia Sprint GTA, à restaurer, partait pour un peu plus de 440.000€.


Sur les 144 lots de la vente du vendredi, 34 n’ont pas été vendus ou retirés de la vente malgré l’adjudication, soit 24% environ d’invendus. Il est à noté que les prix de vente hors taxes ont souvent frôlé l’estimation la plus basse, ce qui permet de penser que la folie spéculative est en train de retomber tout doucement. Ceci dit, le prix des voitures exceptionnelles, même s’il stagne ou régresse un peu, reste toujours inabordable pour la plupart du commun des mortels.


Samedi après midi, la collection Citroën d’André Trigano, le promoteur de camping en France, était dispersée par Maître Poulain, à nouveau sur la brèche. Quarante huit voitures sont passées sous le marteau à l’exception d’une ID 19 de 1968 invendue. Des Tractions cabriolets et un superbe coupé en passant par quelques DS dont une version Prestige avec séparation chauffeur, côtoyaient des   Ami 6, 2CV et autres SM Maserati en passant par une rare Citroën P19 chenillette Kégresse plateau de 1929.


Le résultat des ventes peut être consulté sur http://www.artcurial.com/fr/asp/results.asp .

© Texte & Images : Bruno Dugauquier