Garder une vitesse constante en RT

Dans le road-book, toute section de régularité sera mentionée
comme "RT" (Regularity Test), et l'organisateur en aura spécifié la
vitesse moyenne soit dans le road-book, soit sur la feuille de
route, soit lors du briefing.
Donc, pour résumer, un secteur de régularité peut utiliser
n'importe quel système de note, mais içi, il n'est plus suffisant
d'arriver à l'heure au CH final de secteur, mais il faut en plus
garder une vitesse constante lors de tout le secteur.
Bon, évidemment, dans l'abolu, une vitesse constante est
impossible puisqu'il faudra bien de temps en temps freiner pour un
virage ou un carrefour.
En effet, et ce qu'il faut savoir, c'est que l'organisateur va
cacher des commissaires qui vérifieront au vol le temps de passage
des concurrents à un endroit donné. Sachant la distance qui
sépare cet endroit de la ligne de départ, le commissaire sait quel
est le temps idéal de passage au vu de la vitesse constante, et
toute différence par rapport à ce temps sera pénalisé.
Prenons un exemple. Un tronçon de 10
kilomètres est à réaliser en conservant une moyenne de 30 km/h, ce
qui correspond à 2 minutes au kilomètre. Si le commisaire se
cache à 6 kilomètres du départ, seules les voitures passant 12
minutes après leur départ ne prendrons pas de pénalités. Le
commissaire n'a donc pas de radar pour mesurer le vitesse du
concurrent, qui pourrait très bien faire içi du 70 km/h instantané
pour rattraper le temps perdu lors d'une erreur au kilomètre 4.
Le plus souvent, un RT est combiné à un tronçon normal terminé
par un CH, mais le RT se termine un peu avant. Dans l'exemple
précédent, l'organisateur va donc indiquer que le RT se termine
entre le kilomètre 7 et 8 par exemple. La moyenne du CH peut
même légèrement différer de celle du RT, pour peu que cela n'oblige
pas le participant a dépasser les limites de vitesses sur la fin du
tronçon.
Dans le même ordre d'idée, l'organisateur ne contrôle jamais un
RT dans les premiers mètres du secteur, pour laisser au participant
le temps de s'élancer. Le road-book mentionnera donc souvent:
"Prise de temps des RT après 2 kilométres minimum". Les
participants prendront donc un peu d'avance au début, et une fois
arrivés au km 2, se réligneront sur le temps idéal.
Dans la pratique, puisque personne ne sait ou
se cachent les commissaires lors d'un secteur de régularité,
l'équipage procède comme suit:
- On place bien en vue une table de moyenne, indiquant le temps
idéal de passage de kilomètre en kilomètre, pour chaque vitesse
moyenne entre 30 et 50 km/h.
- Tous les 500 m, ou tous les kilomètres, le navigateur (ou le
pilote) regarde le temps idéal pour le kilométrage effectué, et
accélère ou ralentit (Ou s'arrête si vraiment il est trop en
avance). Une fois ré-aligné, le pilote se base sur son
compteur de vitesse pour conserver une vitesse idéale, jusqu'au
kilomètre suivant ou il refait le point.
Bon, au vu de la difficulté, il est bon de mettre les choses au
point: une minute de retard est d'habitude pénalisée d'autant de
point qu'une minute de retard à un CH. Le seule vraie
différence, c'est que l'organisateur comptabilise les pénalités en
RT à la seconde et pas à la minute, mais une seconde ne "coute"
qu'un 60ème de minute, donc en fait, un RT est plus sélectif; mais
pas plus risqué. Mouais, c'est pas tout à fait vrai lorsqu'on
réalise qu'on peut se faire pénaliser plusieurs fois de suite dans
un même secteur RT, ce qu'il n'arrive jamais à un CH puisque là, on
repart toutjours sans pénalité. On ne le dira jamais
assez, l'essentiel, c'est de conserver l'itinéraire.
Un peu en avance, ou un peu en retard, c'est pour les super-pros
tout-ça. Tous les débutants feraient mieux de bien lire les
notes du road-book que de se griller les yeux sur le chrono, car si
ils se trompent de chemin, tout est de toute façon fichu, sans même
parler des CP qui l'on pourrait rater.. A bon entendeur ...
Dans l'exemple qui suit, l'organisateur a pré-calculé les temps
idéaux à chaque note, ce qui facilite grandement la tâche du
navigateur. La moyenne est içi de 49.9 km/h

Tables de moyennes
Tous les équipages utilisent des tables de moyennes, pour
rapidement savoir si on est en avance ou en retard.
Téléchargez mes tables ici.
En pratique, j'imprime un petit carnet, avec deux pages par
vitesse moyenne. Le carnet relié par spirales est placé sur
une tablette bien en vue du pilote et navigateur. Pour créer un
carnet complet, il est nécessaire de modifier la vitesse de base
dans le tableau, puis d'imprimer la page, et ensuite de découper le
tout.
Changements de moyenne sous RT
Comme-ci cela ne suffisait pas, les organsos ont encore d'autre
moyens de vous rendre fous: ils vous demandent de changer de
moyenne en plein dans un secteur de régularité.
Exemple:
Entre les CH 4 et CH 5, secteur long de 10 km,
à réaliser en 15 minutes (40 km/h = 90s/km)
Départ du CH4 sous RT1 à 50km/h (72s/km)
Après 4 km, fin du RT1, départ RT2 à 30km/h
(120s/km)
Fin du RT2 entre le km 8 et 9
Cet exemple montre que le tronçon de 10 km est en fait divisé en
trois portions: 50 - 30 - ?. La vitesse a suivre lors du troisième
tronçon est inconnue car on ne sait pas exactement ou se termine le
tronçon RT2.
Supposons que la fin du RT2 est à 8 kilomètres:
- le premier tronçon de 4 kilomètres est a effectuer en 288
secondes ( 4 * 72) soit 4 minutes et 48 secondes.
- le second tronçon de 4 kilomètres est a effectuer en 480
secondes aussi (4 * 120) soit 8 minutes
- il reste donc 132 secondes pour effectuer les
2 derniers kilomètres, soit une moyenne de 54
km/h
Mais en fait, rien ne sert de savoir exactement à quelle vitesse
réaliser le dernier tronçon, puisque ce n'est plus en RT, mais il
suffit d'être un peu en avance au CH5, et attendre l'heure
idéale. Par contre, la vraie difficulté, c'est de comprendre
ce qu'il faut faire au kilomètre 4.
Trois possibilités s'offrent à nous:
- Nous somme parfaitement à l'heure, auquel cas
nous remettons le chrono et le trip à zéro au kilomètre 4
précisement (Le chrono indiquant 4'48")
- Nous sommes en avance. Il suffit alors
de s'arreter au kilomètre 4 et de remettre le trip à zéro.
Une fois le chrono indiquant 4'48", on repart et on remet le chrono
à zéro.
- Nous sommes en retard. Ce n'est pas
dramatique, mais il faut un peu de discipline, que le retard va
compliquer car c'est le stress à bord ! Bon, il suffit en fait de
remettre le chrono à zéro une fois qu'il affiche 4'48", même si
l'on est pas encore arrivé au kilomètre 4. Ensuite, on remet
le trip à zéro une fois le km 4 franchi.
Si par malchance on oublie de remettre le trip à zéro (ou le
chrono), il est toujours possible de le faire le kilomètre suivant,
et ensuite de mentalement ajouter 1 kilomètre à chaque lecture du
trip. Idem pour le chrono, on le remettra alors à zéro
lorsqu'il indique 5'58" mais on devra mentalement ajouter 1 minute
sur la valeur lue. Moi, je me sert de "Post-It" que je colle
sur le pare-brise pour me souvenir des reports a effecteur sur les
lectures.
Changements de moyenne sans distance de référence
Bon, tout cela est encore faisable lorsque le changement de
moyenne est signalé avec une mention de distance.
Si par contre, c'est un truc du style "A hauteur de l'église du
village de Rochefort, commencer le RT2", il faudra encore
réfléchir. Le mieux comme toujours, c'est d'y être à l'heure,
comme cela on remet le chrono et le trip à zéro, et on repart pour
le RT2. Mais, dans le doute, noter le kilométrage réalisé
pour arriver à l'église, et ensuite lire le temps idéal pour cette
distance sur la table. Calculer l'écart par rapport au temps
idéal (ex: 15 secondes de retard) et vite repartir après avoir
remis le trip et le chrono à zéro. Toutes les lectures
suivantes du chrono devront mentallement être corrigées de l'écart
calculé (Dans notre exemple, ajouter 15 secondes).
Une autre possibilité, exploitée lors des 6 heures de Seraing
2002, c'est de mentionner que dans toute RT, les sections dans les
agglomérations se font à 38 km/h, et 48km/h en dehors. Ceci
veut donc dire une multitude de changements de moyennes dans la
même RT. La première solution est celle décrite ci-dessus, elle est
très précise, mais assez fastidieuse. La seconde plus
empirique peut se résumer ainsi:
- on regarde uniquement la table des 48 km/h
- au panneau d'entrée d'agglomération, on fait le point sur
l'avance ou le retard éventuel, et on note cette valeur sur un
post-it. On note aussi le kilométrage total. Si on est
à l'avance, on attend au panneau. Si on est en retard, on
rentre tout de suite dans l'agglomération.
- Dans l'agglomération, le pilote tente de faire du 38 km/h au
pif si'il est à l'heure, et du 50 km/h s'il est en retard.
- A la sortie d'agglomération, on note le kilométrage total, puis
on calcule la longeur de l'agglomération, puisqu'on à le
kilométrage de début. calculer alors le temps supplémentaire
qu'il faut compter par différénce de vitesse (Entre 38 et 48km/h,
il y a 20 secondes par kilométre).
- Pour la suite, on suit toujours la table des 48, mais en
ajoutant le supplément calculé au point précédent. Par
exemple, si l'agglo faisait 1.5 kilomètre, on doit ajouter 30
secondes au valeurs lues sur la table des 48 km/h.
Cette seconde méthode ne fonctionne bien que si l'agglomération
n'est pas trop longue, car à l'intérieur de celle-ci, on ne suit
pas très précisément la vitesse prescrite.
Source Frédéric Siva - frederic.siva@gmail.com
