Hommage à Karl Abarth
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Après plusieurs tentatives à des fins
purement commerciales au cours de ces trente dernières
années, le groupe Fiat a, depuis quelques mois, enfin pris
le taureau par les cornes en lançant des produits dans la
réelle lignée de ceux préparés dans les
années cinquante et soixante par la petite entreprise
Abarth. Et il conviendrait mieux de dire le scorpion par les
pinces, puisque l'emblème de la marque Abarth est le
scorpion, le signe zodiacal de son fondateur, Karl dit Carlo
Abarth. |

Karl dit Carlo
Abarth
Cela fait tout juste un peu
plus de cent ans qu'est né Karl Abarth, à Vienne, en
Autriche. Il est donc citoyen autrichien, mais il a des origines
italiennes du côté de son père. Il adoptera
définitivement le prénom de Carlo après la
deuxième guerre mondiale, lorsqu'il s'installera en Italie,
dans les faubourgs de Turin, à proximité des usines
de Fiat et de Lancia, pour fonder sa société de
préparation et de construction de voitures pour la
course.
| Entre les deux guerres, Karl Abarth mènera d'abord
une double carrière. Tout en dirigeant un petit atelier
mécanique en Yougoslavie où il fabrique
déjà, entre autres, des pots d'échappement
permettant d'améliorer le rendement des moteurs, il pilote
des motos, d'abord celles des autres, puis celles qu'il construit
lui-même. Après plusieurs accidents, dont un qui lui
impose deux années de revalidation, il décide
cependant de raccrocher son casque. |
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Dans le courant des
années trente, alors qu'il n'est encore qu'un jeune
mécanicien, Karl Abarth rencontre à plusieurs
reprises un autre ingénieur autrichien, plus
âgé, mais qui a déjà
réalisé de nombreux et grands projets pour
l'industrie automobile, Ferdinand Porsche. Le courant passe bien
entre les deux hommes, animés par la même passion,
à tel point qu'après la guerre, Karl Abarth est
chargé de la distribution des brevets Porsche en Italie et
de la préparation du réseau qui commercialisera la
première Porsche officielle, la 356, au tout début
des années cinquante.

C'est ainsi que Carlo Abarth
rencontre un grand industriel italien, Piero Dusio. Ce dernier
avait créé la marque Cisitalia pour construire une
monoplace de course basée sur les plans
réalisés par Ferdinand Porsche pour Auto-Union.
Abarth est nommé directeur sportif et technique de
Cisitalia, mais l'affaire est rapidement liquidée et Abarth
décide alors de voler de ses propres ailes.
La suite de l'histoire, on la
connaît mieux. En plus de fabriquer des accessoires et des
pots d'échappement, Abarth va modifier des voitures de
série comme les Fiat 500 et 600, entre autres, et construire
ses propres voitures. C'est ainsi qu'on compte plus de huit mille
victoires de voitures portant la griffe Abarth et six titres de
champion du monde en 22 ans de
compétition…
Texte : Etienne Visart - Photos :
archives Abarth
