Gstaad Classic 2009 - les vérifications techniques

Traditionnellement, la station alpine
très huppée de Gstaad attire les amateurs d'automobiles à la
mi-décembre, pour la vente aux enchères "Ferrari et les
prestigieuses Italiennes" organisée par Bonhams. Le salon
Rétromobile ayant été avancé au 22 janvier 2010, Bonhams a
manifestement décidé de faire d'une pierre deux coups en regroupant
les ventes de Gstaad et de Rétromobile à la Porte de Versailles.
Les résultats de la vente de 2008 ne sont peut être pas étrangers
non plus à cette décision. En tout cas, ce n'est pas forcément
une bonne nouvelle quand on sait le peu de soin apporté à la
présentation des véhicules vendus aux enchères lors de
Rétromobile.
Cependant, Gstaad va tout de même
recevoir un évènement automobile d'envergure cette année: le rallye
historique Gstaad Classic Audemars Piguet. Réservée aux
voitures de collection d'avant 1976, l'épreuve, qui sera disputée
en compétition ou régularité, propose dix spéciales sur des routes
fermées à la circulation ainsi que
de longues liaisons dans un décor de montagne somptueux.
L'évènement aura lieu tous les deux ans et est organisé
conjointement par DSL Organisation, le Gstaad Automobile Club et
Peter Auto qui apporte un savoir faire maintes fois
prouvé.
Le programme est le suivant:
vérifications techniques dans le centre de Gstaad mercredi puis
trois itinéraires en étoile les jours suivants, partant et revenant
à Gstaad en passant respectivement par Gruyères, Martigny
et Montreux. Près d'une centaine de concurrents sont sur les
rangs avec des voitures exceptionnelles telles que Ferrari 212
Export, 225S et 250 California, Aston Martin DB4 dont une
Zagato, Lancia Stratos ... Je prévois donc d'être présent au parc
fermé pour détailler les belles en toute tranquillité puis de les
suivre sur le terrain le lendemain lors des spéciales et de la
pause midi.

Pour le premier jour de
vérifications techniques, je décide de reprendre les bonnes
habitudes et d'arriver aux aurores. Lever à 5 heures, ouch, çà
faisait longtemps. Il pleut. Après un mois d'août caniculaire, je
n'avais même pas envisagé qu'il puisse pleuvoir. C'est pourtant
bien le cas et le plafond est particulièrement bas, on pourrait
presque se cogner la tête dedans.

A quelques kilomètres de ma
destination, je remarque une concession avec en vitrine une 599
noire et une Alfa 8C ... jaune. Je n'en avais encore jamais vu de
cette teinte. Mais quand je demande si il est possible de faire des
photos, la réponse est non. Dommage. J'arrive à Gstaad vers 8h20 et
j'entre dans un parking souterrain un peu au hasard. Pas de
barrières, tiens, c'est gratuit. Après quelques minutes de marche,
j'arrive place de la patinoire où se trouve le parc fermé. J'avise
un parking souterrain sur le même modèle que l'autre et une Dino
attire mon attention. Les images sont prises à main levée avec le
10-22, ce qui atteste de son excellente luminosité (1/15 et
1/25éme).
Heureusement que j'ai vu la voiture
car après avoir fait les photos, je m'aperçois que le parking est
équipé d'un horodateur. Ce n'est donc pas gratuit finalement. Pour
éviter de me trouver coincé par un sabot ce soir (on ne sait jamais
par ici), je retourne à la voiture et je profite pour la transférer
sous la place, quitte à faire. Arriver aussi tôt présente deux
avantages. Il n'y a quasiment personne donc je vais assister à
l'arrivée progressive des concurrents et les voitures ne sont pas
encore couvertes de stickers. Les nuages se sont levés
miraculeusement à mon arrivée et il fait maintenant soleil.
Ouf. Ne sont présentes pour l'instant que deux Mercedes 300
SL, une Roadster et une Gullwing.
Le soleil ne va pas tarder à arriver
sur la place, il lui faut le temps de passer par dessus la
montagne.

Les voitures à l'étoile sont bientôt
rejointes par une Ferrari Passo Corto. Je n'apprécie toujours pas
l'effet obtenu à 10mm donc ne vous inquiétez pas (si vous êtes de
mon avis), je n'en abuserai pas.


Les derniers nuages qui
s'effilochent sur les montagnes offrent un joli fond pour les
photos.

Également parmi les premiers
arrivés, une Bentley Speed 6 de 1929. Il s'agit ici d'une version
route du modèle de Bentley ayant remporté le plus de succès en
compétition. Il tire son nom de son 6 cylindres en ligne de
6,5L.

En attendant de nouveaux arrivants,
je m'occupe un peu en détaillant les accessoires de la Bentley au
70-200. Vous verrez dans la page de jeudi jusqu'on on peut aller
quand on attend avec un appareil entre les mains. Je profite
également du calme pour récupérer mon accréditation. En fait, Peter
Auto a décidé de laisser le parc fermé ouvert au public donc il n'y
a pas de badge. On me remet le road book, une plaque commémorative
et un énorme autocollant à poser sur la voiture, sans doute pour
faciliter l'accès aux parkings. En tout cas, belle initiative que
de laisser le public approcher les voitures sans contraintes.


Une Frazer Nash Sebring de 1954 dont
il n'existerait que trois exemplaires. Elle est motorisée par un
moteur 6 cylindres en ligne Bristol de 2L.

Puis une Porsche 911. Il reste
quelques flaques d'eau pour stimuler la créativité des
photographes.

Les arrivées se succèdent à un
rythme idéal pour l'instant. Voici une AC ACE Bristol

suivie d'une Siata 208S (carrossée
par Motto) et d'une Lancia Aurélia B20 GT. L'alignement devient
vraiment très impressionnant.

C'est ensuite l'arrivée d'un gros
morceau: Aston Martin DB4 Zagato. A mon avis celle ci est vraie
contrairement à celle que j'ai vue à Berne. Somptueuse. Et en
catégorie Compétition en plus, çà ne rigole pas.


Je vous laisse admirer ce bouchon de
réservoir oblong et l'insigne patiné à souhait. Etienne arrive plus ou
moins à ce moment là, après avoir été retardé par la circulation
autour du Lac Léman. C'est toujours un plaisir d'échanger avec
lui.

Le plateau s'annonce vraiment
sensationnel avec cette Bugatti 57C

L'intérieur est comme neuf et super
luxueux

la clé du Paradis (comment çà je la
fais à chaque fois?)

Alors que cette Alpine arrive, les
organisateurs prennent les choses en main et commencent à orienter
les concurrents vers leurs emplacements pour éviter la pagaille
générale.

La DB4 et la Bugatti rejoignent leur
place dans différents coins du parc.


Cette Lusso va donc directement se
garer au fond de la place, à contre jour. Pour l'instant. Avec un
ciel comme çà à 9h30, la journée s'annonce magnifique.


Cette fois les arrivées s'accélèrent
et il devient plus difficile de suivre. Je n'ai même pas vu arriver
cette Porsche 904/6.

Mais cette Ferrari 365 GT 2+2
oui.

Les Porsche diverses sont en
force.


Autre plat de résistance, une Jaguar
Type D. Dommage pour le fond, même si le café était excellent.


Alfa Romeo TZ

Jaguar SS 100 de 1937 (la date est
importante)

La Dino grise est sortie du parking
souterrain


et précède de peu une 246 GTS dans
une originale livrée jaune


Tiens une California, mais pas celle
que nous attendions. Conduite à droite, manifestement en rapport
avec la DB4Z. Pas de doute, elle a un coffre.


Une première 275 GTB s'est mise en
place,

Ca fait depuis ce matin que je
cherche comment mettre ce superbe pont de chemin de fer en valeur.
Ouf c'est fait.

Le plateau compétition commence à
s'étoffer avec l'arrivée de cette seconde TZ, suivie comme son
ombre par cette Giulia 1600 TI Super


Les Aston Martin sont également
arrivées en force

avec ces deux DB4 GT habituées des
évènements Peter. D'ailleurs de nombreux concurrents sont très
souvent présents lors du Tour Auto.


Lancia Fulvia et 300 SL Gullwing

Abarth et Talbot 105

Au fond, la Lusso a été rejointe par
une magnifique Daytona, un des plus beaux exemplaires que j'aie
rencontré.

et je ne dis pas çà car il était
très bien entouré. En fait, même si je ne les ai pas recensés, les
équipages 100% féminins m'ont semblé assez nombreux, ce qui est
vraiment une excellente chose. Les belles carrosseries semblent
également fasciner la gente féminine.

Toujours au chapitre des Ferrari, la
212 Export des Mille Miglia vient de se ranger.

La seconde 275 GTB est arrivée, il
s'agit de celle de M Pozner. Facile à reconnaitre, il y a dessus un
autocollant de la Fondation Nicholas Pozner créée après le décès de
celui ci dans un accident lors du Tour d'Espagne historique avec
une 275 GTB justement. J'ignore si celle ci est une reconstruction
de celle qui fut accidentée ou une autre achetée par la suite.

Les deux 275 se garent cul à cul.
Etienne et moi avons à peu près la même idée en même temps. Lui est
un expert de la prise de vue à l'estime, en tenant l'appareil à
bout de bras. Moi, j'ai mon arme secrète dans le coffre de la
voiture. J'ai bien fait de revenir me garer sous la place.

Dans le parking, je découvre cette
VW Karmann surbaissée, vraiment très vintage. On pourrait même la
qualifier de Rat Rod. A main levée avec le 17-40, un peu plus chaud
(au 1/12ème).

Je remonte donc avec mon escabeau
(deux marches, restons humble). J'attaque par la California qui est
la plus proche de l'escalier. Pratique pour les intérieurs de
cabriolet.

Puis je me dirige vers les 275. Eh
oui, tout çà pour çà. Je précise que celle d'Etienne est bien mieux
réussie.

Je profite pour faire un tour rapide
du parc en prenant les voitures les plus marquantes. Alors voilà ce
que çà fait de mesurer 2m20.

Il m'arrive aussi de descendre des
marches évidemment.

Avant de remiser le matériel dans le
coffre, je prends cette dernière photo qui est finalement la plus
réussie du lot (selon moi en tout cas)

Puisqu'on est dans l'artistique,
voici deux "fonds d'écran" pour les amateurs de Jaguar.

La voiture mystère, sans doute une
américaine. En fait je m'en fiche, elle est tellement laide. Mais
je l'avais déjà spottée place du Casino à Monaco il y a quinze
jours. Marrant.
Je vous propose maintenant un peut
focus sur la Jaguar Type D, une voiture vraiment fascinante


Elle est encore dans son jus avec un
volant qui a l'air d'avoir connu bien des courses

Bien entendu, l'immense aileron de
requin riveté semble avoir été conçu pour attirer les photographes.
Et çà marche


Il est temps de bouger un peu, mais
vraiment pas loin alors. Je vais jusqu'à l'hôtel voisin faire une
petite vérification du parking, qui abrite notamment, visible de
loin, une camionnette Ferrari Classiche. Gstaad est un haut lieu de
la bourgeoisie Suisse et il pourrait y avoir quelques belles
voitures venues en spectatrices. Mais en fait non. Je tombe juste
sur cette Continental GT Speed.

En revenant vers la place, deux
Aston Martin (DB4 et DB2) et une Porsche me doublent,.


Et en arrivant au dessus de
l'escalier, tiens, M Carugati est arrivé !

Parmi les autres nouveaux arrivés,
cette 300 SL mat


Une Jaguar XK150 menée par un
équipage féminin très sympathique (on en reparle "demain")

et une moderne, temporairement de
passage: Nissan GTR qui plus est avec, semble-t-il, l'expérience du
Nordschleife. Le plus frappant dans cette voiture est la taille
démesurée de ses quatre échappements.


Il est midi, je vais faire un petit
tour dans le village mais hormis une épicerie fine, des restaurants
et des magasins de luxe, pas facile de trouver une échoppe modeste.
Le Palace domine la ville de ses tours.

Je suis rapidement de retour au parc
fermé, pour voir arriver une Ferrari 330 GTC
et la dernière Dino


Déjà, les adversaires se toisent

ou patientent sagement, revêtant les
stickers de la course



jusqu'à ce que les commissaires
procèdent aux vérifications techniques

En parlant des stickers, ils sont
parfois un peu chargés, d'où l'intérêt de prendre les voitures dès
leur arrivée sur le parc.

C'est le cas pour deux monstres de
la catégorie Compétition: AC Cobra

et ... Lancia Stratos ! Je vous
avais dit que le plateau était exceptionnel.



Parmi les voitures ne courant pas,
les plus notables sont sans doute cette Porsche 914


cette Rolls

et cette remarquable Healey.
D'habitude cette marque me laisse plutôt indifférent mais celle ci
est un peu différente, très agressive. Son propriétaire nous
indique qu'elle serait passée entre les mains de Pat Moss, la sœur
récemment disparue de Stirling Moss (la signature de ce dernier se
trouve d'ailleurs sur le capot de la 300 SL mat).


Enfin, cette très rare Porsche 993
GT2, fabriquée à 57 exemplaires, impressionnante, avec ses
élargisseurs d'ailes rivetés en fibre de verre et son aileron
biplan monumental. Supercarfrance me dit dans l'oreillette que ce
serait une fausse. Je sais depuis quelques semaines qu'on ne peut
plus du tout se fier aux apparences.

Le parc commence à vraiment valoir
le détour, avec des line-up très impressionnants.


La California et la DB4Z côte à côte
montrent à quel point les voitures ont pris de l'embonpoint au fil
des années. La comparaison est saisissante.

Un peu moins prestigieuses, cette
BMW et cette Volvo PV 544, probablement la plus produite du plateau
(440 000 exemplaires) mais qui s'est quand même taillé un palmarès
en course respectable.

Le ciel s'est couvert au fur et à
mesure de l'avancée de la matinée. Les plus prévoyants ont déjà
bâché.

Tout à coup, la lumière devient très
bizarre alors que les derniers rayons du soleil percent les nuages
noirs.

Tandis que je discute avec une
représentante d'Optic 2000, partenaire de l'évènement, un violent
orage éclate. Nous nous réfugions sous leur tente. Elle en profite
légitimement pour me faire l'article. Nous parlons tranquillement
de leur sponsoring du Sport Automobile, de la multiplication des
opticiens et je finis même par me faire confirmer que j'ai bien
10/10 à chaque œil. En tout cas, je ne peux que les féliciter
d'associer leur nom à la plupart des évènements Peter Auto, et donc
de soutenir le sport automobile; pensez y quand vous aurez besoin
de changer de lunettes. Alors que la pluie bat son plein, je vois
apparaitre et disparaitre aussi vite ce qui ressemble à une DB4
Zagato roadster. Etrange. Une fois l'orage terminé, la pluie a
donné un tout autre cachet à la place et c'est un vrai bonheur que
de jouer avec les reflets créés par les immenses flaques d'eau.

En plus, tout le monde a couru aux
abris donc çà laisse un peu de temps avec un parking quasiment
vide, le temps que les gens osent mettre le nez dehors.

Pour moi en tout cas, c'est l'éclate
totale. Ce n'est pas souvent qu'on a d'immenses flaques sur un
revêtement assez sombre pour avoir des reflets quasi parfaits.

En revanche j'espère qu'il fera
meilleur demain sinon çà va être assez désagréable.



En gros plan sur les carrosseries,
c'est très joli aussi, en tout cas sur les bleus


allez, pas de racisme.

Et quand le soleil revient, la
lumière est très intéressante. Le temps change à une vitesse
hallucinante.


Etienne, qui s'était réfugié au sous
sol, m'indique que la Zagato Barchetta est en bas. Je file sans
attendre. En fait, elle date de 2001 mais construite sur la base
d'une DB4 de 1961 accidentée. La carrosserie tout alu de la
barquette a été confiée à Shapecraft, un spécialiste de Northampton
sous-traitant d'Aston Martin (et ancien tôlier-formeur de l'usine).
Cet exemplaire unique est certes discutable mais néanmoins reconnu
par le constructeur.

Avec la fin de la pluie, les
arrivées se succèdent de nouveau. Aston Martin DB2


Alfa Romeo 8C 2300 Spider
Touring


Mercedes 230 SL Pagode

et une Ferrari Daytona noire de
toute beauté.



deux inséparables AC Cobra

Ah ces reflets !

Par endroits, les flaques sont même
assez profondes

Vers 15h30, la pluie reprend,
régulière mais intense. Il manque encore 11 voitures qui n'ont pas
pointé, dont deux Ferrari importantes: 225S et 250 California. Je
décide de patienter jusqu'à 17 heures, heure limite des
vérifications. La pluie va cette fois durer pas loin d'une
heure. Je m'enferme dans ma voiture pour commencer à rédiger
ceci.

Et aussitôt terminé, les nuages
s'écartent et laissent de nouveau le soleil s'imposer.


Les fidèles du site comprendront
facilement pourquoi j'ai pour cette photo une tendresse
particulière. Encore quelques années...

Malgré le soleil, les nuages
descendent lentement vers le Palace

Ca ne bouge plus beaucoup
maintenant. Je chasse un peu les clichés originaux. Si on jouait
avec ce damier par exemple.


Ou un enjoliveur.

Celle ci m'occupe un moment, prise
dans les fractions de secondes où les personnes qui vont et
viennent sont toutes hors du cadre. J'aime bien le résultat.

Evidemment avec ce temps tout
chamboulé, le ciel est spectaculaire donc c'est peut être le moment
de préparer un peu de HDR. Sauf que je ne pense pas à baisser
suffisamment les ISO, ce qui me force à adoucir l'image pour faire
disparaitre le bruit. Ce qui entraine évidemment une perte de
netteté. Zut.

Vers 17h30, il me semble évident que
plus rien ne bougera ce soir et il est temps de partir pour l'hôtel
que j'ai réservé à Chateau d'Oex, à une douzaine de kilomètres de
Gstaad. C'est sûr que cela signifie partir au moment où la lumière
va devenir de plus en plus douce et intéressante mais honnêtement
j'en ai plein les bottes et qui sait si il ne va pas pleuvoir de
nouveau dans quelques minutes? C'est souvent comme çà: la fatigue
se fait sentir alors qu'on devrait commencer à bosser sérieusement
quand le jour baisse. La perfection n'est pas de ce monde et faire
le lever du soleil + son coucher sans faire de pause, c'est quand
même sportif.
Il n'est pas rare qu'en voyant une
photo sublime, l'amateur moyen se dise quelque chose du genre: "_
Avec un cadre pareil, je pourrais en faire autant." Mais un des
principaux talents des bons photographes est de trouver un cadrage
intéressant dans un endroit à priori banal, pour le transcender. En
toute modestie, je commence à parvenir à penser cadrage ou résultat
de photo (et plus particulièrement HDR, vous me connaissez) au
quotidien. C'est assez simple, il suffit d'appliquer le sens de
l'observation affuté du spotter aux paysages. Ainsi en passant
devant un train immobilisé sur une voie de garage, j'ai tout de
suite été frappé et je me suis immédiatement arrêté. Encore une
fois, mon enthousiasme excessif m'a fait oublier les ISO. Dommage
mais çà vient doucement.

Deux cent mètres plus loin, nouveau
stop pour cette ferme décrépite, exactement ce que j'aime. HDR
subtil, juste pour récupérer le ciel.

Et enfin, toujours sur le chemin de
l'hôtel, le ciel, encore lui, m'interpelle. Je suis devenu un
obsédé des nuages depuis que je pratique le HDR. Nouveau stop et
nouveau shoot, en plein contre jour pour voir. Bon ce n'est pas
aussi naturel que j'aimerais, surtout après l'adoucissement mais çà
va.

Mon hôtel s'appelle simplement
l'Hôtel de Ville. Ca me fait penser à une histoire entendue à la
radio tout récemment qui parlait d'une touriste étrangère restée
enfermée toute une nuit dans une mairie après avoir cru qu'il
s'agissait d'un hôtel. Info ou intox, en tout cas çà me fait
sourire. Le principal, c'est que pour le prix (90 CHF), la chambre
est vraiment top: propre, apparemment récente, bien équipée et
plutôt grande. C'est parfait.
D'ores et déjà, le voyage est bien
rentabilisé: le plateau est vraiment magnifique et les montagnes
m'ont offert un cadre et des aléas permettant des photos uniques.
Si la journée de demain tient ses promesses, la Gstaad Classic
pourrait devenir très vite incontournable. Heureusement que ce
n'est que tous les deux ans.
© Nicolas
Jeannier