20 & 21 Juin 2009 - Grand Prix de l'Age d'Or

Par Nicolas Jeannier
http://www.gpao.fr/fr.html
J'ai finalement renoncé à Sport et
Collection au dernier moment pour cause de varicelle, j'ai savouré
la victoire de Peugeot aux 24 Heures du Mans à la télé (le peu qui
en a été montré en tout cas), j'ai zappé le Vanishing Point (le
rallye Pagani) parce que c'était vraiment trop loin. Vous l'aurez
compris, les belles voitures se sont faites assez rares depuis le
début du mois, j'ai donc du me contenter ces derniers temps de
braquer ailleurs mon objectif. Ca tombe bien car la semaine
dernière, le ciel était une merveille, avec exactement les "cumulus
humilis" que j'adore. J'en ai donc profité pour me rendre sur un
aérodrome où j'ai eu la chance de trouver un superbe avion. Une
belle occasion de m'amuser un peu avec les traitement HDR.
Bref! Ce weekend, le circuit de
Dijon Prénois accueille le Grand Prix de l'Age d'Or, qui va
regrouper différentes courses de véhicules historiques. Le Grand
Prix a lieu à Dijon depuis 2005, suite à la fermeture du circuit de
Montlhéry où il se déroulait depuis 1990. Ce sera mon premier donc
je ne sais pas bien à quoi m'attendre en terme de plateau. Ce qui
est sûr, c'est que je n'ai pas réussi à obtenir une accréditation.
Joint au téléphone, l'organisateur m'a expliqué que les
règlementations se durcissaient de plus en plus et qu'il fallait
impérativement une assurance pour accéder au zones sensibles (le
bord de piste). Les dernières mauvaises publicités faites aux
rallyes suite à quelques accidents mortels n'ont évidemment pas
contribué à détendre l'atmosphère. Je serai donc relégué derrière
les grillages, ce qui risque de me compliquer un peu la tâche.
J'arrive sur place un peu avant neuf heures, le parking extérieur
(un champ) est encore quasiment vide mais des moteurs vrombissent
déjà sur la piste. Je m'acquitte du droit d'entrée pour la journée
(15 euros, je ne suis pas sûr de revenir demain dimanche) et je
suis alors libre de rejoindre les buttes en bord de piste ou le
paddock. Je décide de faire un tour rapide de ce dernier pour
commencer. L'atmosphère y est très ... colorée:

Les Italiennes sont présentes en
force, en particulier les Alfas mais aussi Abarth

Iso, avec pas moins de trois A3,
l'occasion pour moi de découvrir la position très reculée du moteur
de ce modèle, en central avant reprise il y a peu par Ferrari sur
la 599 GTB.

Pas de Ferrari à l'horizon pour le
moment, le prestige étant assuré par cette Maserati 250S

Je profite du calme pour me glisser
sur la pitlane à travers un stand mais il n'y a pas grand chose à
voir. Tout au plus au détour des boxes aie je la primeur d'une
monoplace et de la Matra 660 qui prendront la piste un peu plus
tard.

Soudain, l'air s'emplit de
borborygmes aisément identifiables: d'énormes blocs V8 américains
sont en train de s'ébrouer dans un bruit de tonnerre. Il est temps
de rejoindre la piste. Les zones d'où l'on peut prendre des photos
à travers les grillages ne sont pas nombreuses, et le matin, elles
sont majoritairement à contre jour, en particulier dans le toboggan
de la Bretelle. Je m'installe donc aux Gorgeolles pour commencer.
Les gros cubes sont bien de sortie, avec de nombreuses AC Cobra


ou Corvette

Porsche 904 et une Lotus Eleven dont
on réalise mieux les dimensions quand elle se trouve à coté d'une
autre voiture, comme cette Mustang. Il le faut pour ne pas dépasser
450 kilos et pouvoir rivaliser avec les meilleurs en dépit d'un
1100 cm3.


Ouf, voici quand même une Ferrari,
une superbe 275 GTB

Accompagnée d'une des séduisantes
ISO

Je me déplace ensuite vers le plus
fameux enchainement du circuit mais le soleil ne permet pas encore
de prendre de photos de face, ou pas dans des conditions idéales en
tout cas, comme vous le pouvez le constater sur cette photographie
de l'ISO jaune.


Les pilotes attaquent vraiment très
fort, les meilleurs d'entre eux prenant le virage en glisse.

Celui de cette Ford Falcon a offert
au public de nombreuses dérives, pas forcément évidentes à bord
d'un tel tank, et sans faire de fautes.

Mais il arrive que l'énorme
puissance des V8 tente d'échapper au dosage expert des pilotes, les
obligeant à sauver les meubles tant bien que mal.


Cela dit, même les plus petites
voitures peuvent se montrer capricieuses. Pas de contact cette fois
mais c'est passé près.

Ce sont ensuite les concurrents du
Trophée Derek Bell qui prennent la piste. Il s'agit d'anciennes
monoplaces, de type Formule 5000, une formule à bas coût un peu
bâtarde autorisant l'utilisation de moteurs jusqu'à cinq litres de
cylindrées. Si l'on en juge par les sponsors, la plupart des
voitures viennent des Etats Unis (les F5000 couraient aussi bien
aux Etats Unis qu'en Europe ou en Australie et en Nouvelle
Zélande).


Ce sont les voitures qui font le
meilleur temps de tous les plateaux présents ce weekend.




Le soleil se cache par
intermittence, ce qui est un moindre mal si l'on considère que les
mauvais augures de la météo avaient promis de la pluie.


J'avoue qu'à ce stade je suis un peu
frustré par le soleil qui me gêne et de devoir naviguer entre deux
emplacements exploitables seulement. Je décide donc de faire un
tour au niveau du parking des clubs. L'un des emplacements les plus
fournis est sans aucun doute celui de Mazda, qui fête les 20 ans de
son célèbre cabriolet MX5 Miata. Toutes les générations sont
représentées, jusqu'à l'absurde.

Sous les arbres, un superbe
exemplaire d'Aston Martin V8. Petite précision, les plaques des
voitures sur les parkings intérieurs ne seront pas masquées,
contrairement à celles des voitures garées à l'extérieur du
circuit, la démarche de leurs propriétaires étant bien
différente.

Et une Bugatti Type 35 venue (au
moins en partie) par la route. J'en trouverai une deuxième dans le
paddock quelques minutes plus tard.

Je passe ensuite par le parking
intérieur, réservé aux concurrents et à la presse, où je déniche
une 599 GTB Anglaise derrière une imposante remorque. Ca tombe
bien, j'étais un peu sevré de Ferrari jusque là.

A l'entrée du paddock, une Corvette
est en train de ravitailler, ce qui n'est sûrement pas un luxe car
la bête ne doit pas être un modèle de sobriété, lancée à fond dans
l'interminable ligne droite du circuit. Egalement un break Audi RS4
full black du plus bel effet.

En m'enfonçant de plus en plus dans
le paddock, je découvre même un espace tout au fond que je ne
connaissais pas. Tous les recoins ont été utilisés pour accueillir
les voitures des différents plateaux. Coup de chance, des remorques
sont garées le long du grillage donnant sur le début de la ligne
droite. En montant sur les plateaux, je peux photographier par
dessus le grillage. Je parle de chance parce que c'est le tour du
plateau "Les légendes de la course" qui est en piste et çà aurait
été dommage de passer à coté. On y trouve deux Maserati 250S, une
Aston Martin DB2


encore des Lotus Eleven, en
escadrille.

La Lister Jaguar de Carlos
Monteverde

une

une et une superbe

Dans le paddock, une Abarth a été
mise sur cales et une Austin Healey américaine passablement dans
son jus

En retournant vers la piste, je
tombe par hasard sur une magnifique 355 spider bleue marine

et sur une Jaguar Type E qui dévoile
un moteur tout à fait impressionnant.

J'arrive à temps pour la première
course, dont le départ vient d'être donné. Il s'agit d'une course
d'endurance d'une heure.

Elle est outrageusement dominée
par

Mais la Matra 660 tire elle aussi
son épingle du jeu

La plus spectaculaire est sans
contestation cette surpuissante Lola

Une fois la corde du virage passée,
le pilote enfonce l'accélérateur, maitrisant la glisse de la
voiture provoqué par le patinage des roues et laissant sur la piste
une trainée de gomme à chaque tour. Spectaculaire! Je n'imaginais
pas ce genre de comportement de la part d'une voiture qui
concourait dans le Championnat du Monde des voitures de sport face
aux Ferrari 412P et P4.

Spectaculaire également cette
Porsche à l'échappement plutôt exubérant.

Une autre Porsche a également assuré
le spectacle, par l'agressivité de son pilote

qui a effectué plusieurs
dépassements à l'intimidation: la première fois, çà passe vraiment
très très près. La seconde, un attardé a connu une grosse frayeur
et préféré prendre la tangente. De belles passes d'armes qui
montrent à quel point les manches furent disputées.

Puis c'est le départ de la deuxième
course de l'après midi,

avec un plateau composé en grande
partie de Ford Cortina Lotus et d'Alfa Romeo


dont une rare Montréal orange, et
une ... Renault 12


Certaines voitures participent aux
deux plateaux, comme les Porsche

qui bataillent cette fois avec un
BMW 3.0 CSL


Une Corvette domine outrageusement
les débats, en utilisant dans la courbe la même technique que la
Lola un peu plus tôt. Power!

Egalement présente une deuxième
Ferrari: une 308 GTB. Contrairement à la plupart des Ferrari
engagées en championnats historiques, celle ci est menée de façon
très très agressive. Dérives bien maitrisées par le pilote qui
s'emploie sur le volant sans s'économiser.


Encore une fois, çà chauffe entre
les concurrents qui attaquent sans états d'âmes

et parfois un peu trop

ce qui conduit à quelques
glissades

Et les autres concurrents ne
ralentissent guère à la vue des drapeaux jaunes

Les passages suivants sont mieux
maitrisés mais également spectaculaires. Une chose est sûre, je
comprends mieux pourquoi cela s'appelle le Grand Prix de l'Age
d'Or. Certes les Formule 1 modernes sont ultra rapides et des
laboratoires technologiques fascinants mais voir glisser des
monstres de 500 à 600 chevaux, c'est quand même un tout autre
spectacle. Franchement, si l'on parle purement du plaisir des
spectateurs, ces voitures à la tenue de route dépendant de
l'adresse du pilote et non d'effet de sol sont un vrai régal.

La Ferrari mène une lutte
d'anthologie avec une Porsche rose, passant au milieu d'une paquet
assez dense dans les derniers tours, au culot. Et çà marche!

A la fin de la course, il est 16
heures et je commence à songer au départ, si je veux profiter un
peu de la famille que je n'ai pas vue depuis trois jours, suite à
un déplacement professionnel. Je repasse évidemment par l'espace
club, avec notamment cette Camaro un peu bling bling.

Un peu plus loin, toujours dans
l'enceinte du circuit, une Mustang Shelby côtoie une Noble M12
GTO.

les françaises sont aussi de la
partie

une ISO Rivolta IR300 à
quelques mètres d'une Jaguar XJS V12 Cabriolet somptueuse

et la plus grosse surprise, une
Lamborghini Countach 25éme Anniversaire qui éclipse sans peine
l'Aston DB9 garée juste derrière elle.


Et bien sûr, pas question de partir
sans faire un tour dans les méandres du parking visiteur. Comme
d'habitude, la récompense arrive assez rapidement avec cette
Porsche 964 3.8 RS

et ce duo de 550 Maranello
anglaises. Une nouvelle fois, comme au Mans (24 Heures et Classic)
et dans bien d'autres manifestations automobiles, les Anglais
sauvent à la fois le plateau et le parking, en venant avec de
superbes voitures (alors que les Allemands ne se déplacent qu'en
Audi par exemple). C'est réellement le pays de la mise en pratique
au quotidien de la passion automobile et j'espère que je pourrai un
jour assister aux festivals de Goodwood. Vu ce qu'ils sont capables
d'amener sur le continent, je n'ose imaginer ce qu'il en est quand
ils jouent à domicile.

Globalement le temps aura été
superbe toute la journée, avec mes très chers nuages, si
spectaculaires. Sur ces dernières photos, je les ai quelques peu
dramatisés. A aucun moment le temps n'a été aussi menaçant en
réalité. Désolé, mais çà m'amuse.

Nuages mis à part, quel est le bilan
de cette journée? Si j'en crois ce que j'ai lu sur le net (et
confirmé par quelques recherches), le plateau est en nette
régression depuis deux ans. Et en effet, à des rares exceptions
près, je n'ai pas été très impressionné par la rareté ou le
palmarès des voitures présentes. Quand à l'espace club, les
voitures franchement prestigieuses étaient toutes aussi
clairsemées. Pourtant l'Age d'Or bénéficie tout de même d'une
réputation flatteuse. Certes les spectateurs venus avec leurs
sièges et leur glacière ont sûrement passé un excellent moment, à
savourer les glissades et les bagarres présentes dans tous les
plateaux. Pour ma part, et dans l'optique de ce reportage,
l'absence d'accréditation a été rédhibitoire. Je sais qu'en tant
que non professionnel, celle ci n'est en aucune façon un dû, mais
c'est le premier refus que j'essuie si l'on excepte ma demande pour
les 24 du Mans (mais là je le savais d'avance). Du coup, j'ai été
assez frustré de ne pas avoir été en mesure de rapporter de plus
belles images, les séries de la matinée étant quasiment
intégralement inexploitables. Partant de ce constat, au vu de la
relative pauvreté du plateau et des conditions de prises de vue,
j'ai décidé de faire l'impasse sur la journée de dimanche et de
profiter de ma famille en attendant des jours meilleurs. J'espère
que ces dernières phrases ne vous sembleront pas trop prétentieuses
mais j'ai vraiment pris de mauvaises habitudes en Italie ces
dernières semaines et j'aimerais pouvoir maintenir le niveau de
qualité que mérite votre soutien. Bon, c'était quand même pas si
mal.
©
Nicolas Jeannier
