Une soirée Ferrari...ambiance passion
Invité par une banque de renom pour une soirée
organisée pour ses clients, Gipimotor a ouvert ses portes
en toute intimité pour nous faire découvrir leur
atelier.
Rapidement après le petit mot d'introduction de
Christophe Van Riet et le récit passionnant de Gian-Pierro
Ori, technicien de référence en ce qui concerne les
Ferrari en Belgique, je comprends que nous sommes investis par le
même virus : "la passion"...
En toute tranquilité, nous déambulons autour de
splendeurs que nous vous livrons ci dessous en photos.
Equipés d'un délicieux verre de vin, attablés
autour des divers mange-debouts, nous pouvons croiser des
connaissances, des amateurs et surtout écouter les personnes
qui travaillent tous les jours dans cet atelier. Tous nous parlent
avec amour de leur travail et du respect qu'ils ont pour les bijoux
de leurs clients qu'ils chérissent.
Rêve inaccessible ? Peut-être pour la
majorité d'entre nous mais nous éprouvons
déjà une immense joie d'avoir l'impression un soir
d'être les privilégiés de cette visite
sensorielle.
Chaque voiture a été méticuleusement
époussiérée, la carrosserie polie
malgré les aventures que certaines ont du vivre avec leur
pilote ou propriétaire quelques jours auparavant. On
retrouve certaines Ferrari que nous avons croisé à
l'Ardennes Roads, certaines autres que
nous avons vu courir sur le circuit de Spa pour le Tour Auto ou
d'autres, plus discrètes dont nous connaissons le
propriétaire passionné.
Gian-Pierro Ori nous parle d'un temps que les moins de vingt ans
n'ont pas connus forcément, nous raconte avec une larme
à l'oeil une anecdote. Lors d'une course aux
états-unis une équipe Ford concurrente lui a
prété main forte pour réparer une voiture qui
a su permettre à Ferrari de poursuivre....geste fair-play
que nous ne connaitrons probablement plus. Nous espérons
vous livrer son texte sur le Mans rapidement pour partager notre
émotion avec vous.
Nous vous souhaitons beaucoup de plaisir à
découvrir les merveilles ci-dessous.
Texte & photos Frédéric Goblet
Voici ci-dessous les discours de Jean-Pierre et
Christophe :
Mesdames, Messieurs, chers passionnés de belles
mécaniques, je vous souhaite la bienvenue chez
Gipimotor.
C'est avec un très grand plaisir que nous vous
accueillons ce soir et nous remercions la banque van Lanschot et
toute son équipe pour l'opportunité qui nous est
offerte de partager notre passion des voitures anciennes et tout
particulièrement de la marque chère à nos
cœurs, la mythique Ferrari.
Toute l'équipe de Gipimotor se tient à
votre disposition pour vous expliquer notre métier qui avant
toute chose reste une véritable passion.
La plupart d'entre nous a été atteint
par le virus Ferrari dès le plus jeune âge et
même si la belle ne se laisse pas toujours apprivoiser
facilement, elle allie aujourd'hui encore des sensations de
conduite inégalées et une ligne
prestigieuse.
Dans notre atelier, vous trouverez très peu
d'électronique car on ne « lit » pas
un moteur Ferrari de la grande époque sur ordinateur, mais
on l'écoute, on le palpe, pour sentir d'où vient le
mal. Ici les moteurs se soignent toujours pas uniquement avec les
mains et la tête, mais aussi avec les oreilles et le
cœur.
La personne que je souhaite vous présenter ce
soir est certainement celui qui connaît le mieux le
cœur des Ferrari anciennes. Cet homme est un fabuleux
technicien, auprès duquel j'ai eu la chance de faire mes
premières gammes lorsque j'étais encore adolescent.
C'est l'âme de ce garage qu'il a fondé en 1981. Cette
année nous fêtons les 55 ans d'une carrière
bien remplie au service de la marque Ferrari.
Tout avait commencé un beau jour de 1954,
lorsque, à peine débarqué d'Italie,
Jean-Pierre Ori, alors âgé de 14 ans décida de
devenir mécanicien et alla frapper à la porte de
l'importateur Ferrari en Belgique… C'est le début
d'une longue aventure qui s'inscrit dans l'histoire de la marque.
Le témoignage de Jean-Pierre Ori ce soir vous donnera un
bref aperçu de l'ambiance des courses des années 60
et 70. Il a choisi de vous parler du prestigieux 24 heures du
Mans.
Le 25 juin 1949, deux petites barguettes rouges
portant le nom déjà prestigieux en compétition
vont s'attaquer au Mans, avec leur « petit »
moteur V12 deux litres face à des gloires bien
établies qui s'appellent Talbot, Delahaye, Delage etc. Et
c'est contre toute attente la première d'une longue
série de victoires dans cette course reputée des 24
heures du Mans.
En tout, de 1949 à 1984, 263 Ferrari prendront
le départ des 24 heures du Mans inscrivant neuf
succès au classement général dont six
consécutifs dans les années 1960.
Un modèle nous a fait l'honneur d'être
présents ce soir, la 275 GTB pour témoigner en
même temps que moi d'une incomparable aventure technique et
sportive que j'ai eu la chance de vivre pour la première
fois en 1959.
Je vous parle d'une autre époque, où la
course déchaînait les foules qui s'amassaient autour
des voitures pour vivre la course à leur manière. Une
époque où les pilotes risquaient leurs vies dans
chaque virage au bout de chaque ligne droite. Une époque qui
refusait l'abandon pour un simple problème de frein ou de
boite de vitesse. Une époque où le système D
garantissait les victoires.
Je me souviens de cette édition du Mans en 1965
où la 275 GTB de l'écurie Francorchamps chauffait
tellement, que j'ai dû lui refaire le nez au burin et au
marteaux, pour laisser respirer la belle à bout de souffle.
Cette découpe disgracieuse contre toute attente a rendu
cette voiture fameuse. A un tel point que le propriétaire
m'avait demandé il y a quelques années de
dédicacer la photo de moi devant la malheureuse auto
mutilée par mes soins. Elle sera pourtant classée
première en GT et troisième au classement
général à la distance ayant parcouru 4562 km
en vingt-quatre heures à la moyenne de 190
km/h.
Ou encore en 1966, l'année où le duel
Ford-Ferrari battait son plein. La marque était
représentée par 14 voitures engagées, mais
seulement 2 Ferrari ont vu la ligne d'arrivée. Victoire pour
Ford, qui, en présence de Henry Ford II, va placer trois MK
II aux trois premières places. Ce fut un véritable
désastre pour Ferrari qui fort heureusement sauve l'honneur
en remportant la victoire en catégorie GT. Cette fois-ci
l'expérience avait payé mais bien loin des
vainqueurs. C'était aussi cela la course, un profond respect
pour les concurrents.
S'il est vrai que j'ai vécu le stress des
épreuves les plus palpitantes et eu la chance d'assister les
pilotes les plus talentueux, c'était avant toute chose une
aventure humaine, celle d'une équipe toute entière
qui non seulement se donnait sans compter pour régler la
voiture à l'optimum de son potentiel avant les
épreuves, mais aussi pendant l'épreuve où la
course se jouait également dans les
paddocks.
Nous y entamions parfois des réparations de la
dernière chance. Et s'il est vrai qu'un homme seul est
parfois vulnérable, une équipe peut se montrer
redoutable. Jamais nous avons baissés les bras. Je me
souviens de cette 275 GTB dont le moteur avait rendu l'âme
juste après les essais, nous avons travaillé toute la
nuit avant le départ à 3 mécanos pour
effectuer la réparation. Nous nous accordions chacun
à notre tour une pause d'un quart d'heure où nous
pouvions dormir un peu sur les sièges inconfortables
démontés à même le sol. Mais nous avions
réussi, le dernier boulon fut serré à 11h pile
sur la pit lane du départ, quelques secondes avant que le
commissaire de course vienne plomber la voiture. Nous étions
déjà morts de fatigue avant le début de la
course mais nous étions heureux d'avoir relevé le
défi et de lire toute la reconnaissance dans les yeux du
pilote lorsqu'il démarra son moteur au levé du
drapeau. Cette année-là nous avons raté
de peu la victoire à deux heures de l'arrivée, nous
avons dû nous contenter de la 2ème place… Pas
à cause d'un problème moteur mais d'un
éclatement de pneu survenue à 300km/h dans les
Hunaudières ! Décidément la course
réserve bien des surprises et ce tant que la ligne
d'arrivée n'est pas franchie.
J'ai eu la chance d'arpenter les circuits du monde
entier pour assister des voitures mythiques.
Malheureusement dans les années 70 et 80
beaucoup de choses ont changé, les courses sont devenues
moins conviviales et les voitures ont perdu une partie de leur
âme…
Heureusement aujourd'hui encore ces bolides trouvent
des acquéreurs qui font renaître cette glorieuse
époque en les restaurants, en les entretenant et surtout en
les engageant dans des événements qui gagnent
année après année en réputation.
Ferrari garde toujours une place prépondérante.
Témoignage incontestable d'un mythe sans équivalent
dans l'histoire de l'automobile.
Je vous invite à découvrir ou
re-découvrir pour certains initiés la marque à
travers les quelques modèles exposés ici ce soir et
espère que vous passerez une excellente soirée en
compagnie de ces élégantes dames.