Festival 2008 Bugatti à Molsheim (Septembre 2008)

Comme ont pu le remarquer les
fidèles du site, je ne suis pas particulièrement féru de Bugatti.
Mon intérêt pour la marque a certainement pour origine la
production récente de supercars comme la Veyron ou l'EB110 et
j'avais déjà envisagé un déplacement à l'usine. Néanmoins, la
distance et la production très faible de voitures m'en ont jusque
là dissuadé, les chances de voir une Veyron en rodage étant
certainement très faibles.
J'ai donc d'abord vu dans le
Festival Bugatti qui a lieu ce weekend l'occasion de photographier
une ou plusieurs Veyron sur route, voitures que je n'ai croisées
qu'à deux reprises jusqu'à maintenant. Je sais, j'ai honte. Un
peu comme si quelqu'un s'intéressait à Ferrari pour l'Enzo en
ignorant tout des merveilleux modèles produits pendant les vingt
premières années d'existence de la marque.
Le Festival sera donc peut
être une occasion pour moi de combler certaines lacunes. D'abord,
direction Wikipedia pour une consultation de l'historique de la
marque. N'étant peut être pas le seul
ignorant, je vous en fais un résumé à ma sauce, ceux
qui connaissent çà par cœur peuvent sauter ou
contrôler:
Ettore Bugatti nait en
1881 à Milan, dans une famille d'artistes. Ses dons pour la
mécanique se révèlent très précocement et il fonde son usine
automobile en 1909, année de la naissance de son fils Jean, à
Molsheim Dorlisheim, près de Strasbourg, alors que l'Alsace est
sous occupation Allemande.
Ses automobiles
connaissent un succès rapide et se taillent un palmarès en
course sans précédent de près de 10000 victoires, avec notamment la
Type 35 de 1924 qui remporta près de 2000 victoires. La devise
d'Ettore Bugatti était "rien n'est trop beau, rien n'est trop
cher". A tel point qu'il soigne également l'esthétique de ses
moteurs, à la forme parallélépipédique
caractéristique. Son fils Jean, qui a hérité du génie de son
père, le rejoint très tôt dans l'entreprise et contribue largement
au succès et au design des modèles. C'est lui qui dessinera la
mythique Royale
Bugatti remporte les 24
heures du Mans en 1937 avec Jean Pierre Wimille et Robert Benoist
sur une type 51 et en 1939 avec Wimille encore et Pierre Veyron sur
une Type 57G. Cette dernière victoire sera le chant du cygne
de la marque. Quelques jours plus tard, Jean Bugatti se tue en
essayant une Type 57C à une dizaine de kilomètres de l'usine. La
guerre éclate dans la foulée et l'usine est réquisitionnée par les
nazis.
A la fin de la guerre,
Ettore Bugatti, affaibli par la mort de son fils, ne
parviendra pas à relancer la production de ses voitures et
s'éteindra en 1947, emportant avec lui les années glorieuses de la
marque. Son autre fils Roland tentera de pérenniser la
marque mais celle ci sera finalement vendue à Hispano Suiza en
1963, après avoir produit 7500 voitures.
L'usine est reconvertie
dans l'aéronautique et subsiste d'ailleurs toujours aujourd'hui,
fabriquant des freins carbone pour Airbus et Dassault sous le nom
Messier-Bugatti. C'est à cette époque que les frères Schlumpf font
une razzia sur les modèles et les pièces détachées de la
marque, débutant une affaire rocambolesque qui aboutira à
la création du Musée
de l'automobile de Mulhouse.
La production automobile
est abandonnée jusqu'en 1987, date à laquelle un entrepreneur
Italien rachète la licence et présente en 1991 pour le 110ème
anniversaire de la naissance d'Ettore la Bugatti EB110. C'est la
voiture la plus rapide de l'époque avec 342 km/h mais c'est un
échec commercial. La marque fait faillite en 1996 après avoir
produit 139 unités.
En 1998, le groupe
Volkswagen ressuscite à nouveau Bugatti et construit une usine
à proximité immédiate de l'ancienne usine et de la villa d'Ettore
Bugatti, le château Saint Jean, qui est entièrement restaurée.
Fidèle à la devise de son créateur, le nouveau modèle accumule les
superlatifs: la Veyron est propulsée par un moteur de 16
cylindres, 8 litres, 1001 chevaux et atteint 407 km/h au prix de 1
276 000 €. Avec un objectif de production de 300 voitures, les
Bugatti sont à nouveau les voitures de série les plus rapides
au monde.
Finalement, même si une
aventure s'achève au moment où l'autre débute, en 1947, les
trajectoires de Bugatti et de Ferrari présentent quelques
similitudes: même capacité à s'entourer des meilleurs ingénieurs,
même succès en compétition, même cruelle disparition de l'héritier
adoré. Et bien sûr même héritage adulé des fans.
Mais revenons à nos moutons et
au Festival proprement dit. Assister à celui ci demande de la bonne
volonté car les informations ne sont pas légion sur le net et le
Club des Enthousiastes de Bugatti qui l'organise ne semble pas lire
ses mails. A tel point que j'ai failli au tout dernier moment
arbitrer en faveur du 2ème weekend de
l'Excellence Automobile qui a lieu à Reims et où
devraient être présentes une 250 GTO et une 250 LM (déjà connues
pour moi). Etant donné la distance et la météo incertaine, je reste
sur ma première idée mais je garde Reims sur mes tablettes pour
l'année prochaine, le rendez vous s'annonçant prometteur (pour ceux
qui s'en souviennent l'an dernier, Jean Alesi y avait conduit
la Mercedes W196 "Streamliner" de Juan Manuel Fangio,
victorieuse du G.P de l'ACF 1954 sur ce même circuit
de Reims - Gueux). Mais je digresse encore.

Me voilà donc parti ce samedi
matin dès 7 heures. Les Bugatti consacrent la matinée et une partie
de la journée à une excursion au Rocher du Dabo
puis au Col du Donon avant de revenir à Molsheim pour
le Concours du Trophée de la Fondation Bugatti. La journée
s'annonce chargée. Il tombe des cordes tout au long du voyage.
J'arrive à Molsheim vers 9h00. L'excursion était censée quitter la
ville à 8h30 et en effet il n'y a plus personne. Je prends quand
même le temps de découvrir les ateliers d'assemblage des Veyron, au
fond d'une gigantesque pelouse, et le château St Jean où les
heureux clients viennent choisir les spécifications de leur futur
bolide.
Je programme donc la première étape
dans le GPS qui m'y conduit par la route la plus directe. A un
moment donné, je croise deux Bugatti. Est ce que je suis vraiment
censé faire çà? Toujours est il que le GPS finit par me faire
prendre de petites routes sinueuses en pleine forêt. Au moment où
je me félicite pour son acquisition, il se met à perdre la boule:
pluie battante + forêt profonde, c'est un peu trop pour lui, il ne
trouve plus ses satellites. Je continue tout droit au milieu de
nulle part. Par chance, au moment où j'arrive à un croisement,
trois Bugatti me passent juste sous le nez. Je les suis et je me
rends compte qu'elle sont précédées par une voiture avec un
gyrophare. On dirait bien que j'ai rattrapé la tête du convoi. Nous
montons progressivement, le pluie ne cesse pas mais la brume
s'épaissit. Après quelques kilomètres, je décide de stopper pour
attendre le reste des voitures. Elles ne tardent pas à arriver,
surgissant du brouillard tel des spectres venus du passé.
Une Type 40 et une Type 57 S/R
Roadster, suivies d'une Type 51


Quelques intruses se sont glissées
parmi les Bugatti, comme cette 208 GT4 sn 11630 et une rare Isdera
Imperator

Le défilé se poursuit. Une Type 40 GS
de 1929 et une Type 57 Galibier de 1939

Une Type 35 B/R GP et une Type 37
GP

Une Type 35B et une Type 40 Torpedo

Type 57 G (recréation) et une Type 57C
Atlantic (fausse)

Arrivés vers le Rocher du Dabo, à
près de 700 mètres d'altitude, les organisateurs décident que le
temps est vraiment trop mauvais (difficile de le nier) et dirigent
le convoi vers la salle communale du village pour une pause que les
conducteurs de voitures découvertes auront sans doute apprécié à sa
juste valeur. Il tombe toujours des cordes, ce qui commence à me
préoccuper pour mes appareils photos. Je tente un stratagème en
fixant un sac poubelle sur l'objectif avec un élastique pour
protéger l'ensemble de la pluie. Cependant, l'eau a tendance à
s'agglutiner dans des plis et je ne suis pas très sûr du bien fondé
de la démarche.
Type 35 B/R et Type 35 A GP

Type 37 GP et Type 46S Torpedo

Type 51 GP et Type 55/R

On reconnait tout de même facilement
les voitures dessinées par Jean Bugatti, le fils, par rapport à
celles d'Ettore, dont la carrosserie était minimaliste ou très
classique.

Ici une Type 57G, surnommée le
Tank, modèle similaire à celui qui remporta Le Mans en 1939
et et au volant duquel Jean trouva la mort, sonnant le glas de la
marque.

Petit retour sur l'Isdera

J'anticipe le départ de la meute et
pars en avant pour chercher mon prochain point photo. Je le trouve
quelques kilomètres plus loin. Cette fois, j'opte pour le parapluie
pour me poster au bord de la route. Il faut vraiment louer le
courage des pilotes et passagers des bolides dont la plupart sont
découverts et dont le pare brise n'est que symbolique.



L'absence de garde boues sur certains
modèles n'arrange rien, bien au contraire.



Le design des Bugatti n'a pas
toujours été heureux, avec des voitures carrées totalement fidèle à
leur époque

avant de se transformer et de voir
apparaitre des courbes bien plus sensuelles. Ici une Type 57
Ventoux

Une fois les voitures passées, je
prends ma place en queue du convoi pour aller au Col du Donon où se
trouve un restaurant où les participants prendront leur déjeuner.
La vingtaine de kilomètres est parcourue à un train de sénateur
mais avec une Bugatti deux voitures devant, on est vraiment pas
pressé d'arriver. Mais alors que nous approchons du but, j'aperçois
la silhouette ramassée d'une Veyron qui vient à la rencontre du
convoi. Je précipite la voiture sur le bas coté et je sors en
vitesse appareil en main. La Veyron s'apprête à faire demi
tour.

Elle disparait bien vite et je
réalise que nous ne sommes qu'à quelques mètres du restaurant. Les
voitures se regroupent sur le parking et je vais me garer un peu
plus bas. L'alignement des Bugatti est assez surréaliste. Et il
pleut toujours autant...

C'est à ce moment que je retrouve
Francis, un membre de Ferrarichat qui m'avait donné rendez vous
ici. Bien que Ferrariste confirmé, il me donne des infos précieuses
sur les Bugatti. Notamment sur celle ci, la plus belle de toutes,
qui n'a été produites qu'à trois exemplaires. L'un d'entre eux
serait en France et les deux autres aux Etats Unis, dont un chez
Ralph Lauren. Après vérification sous l'aile avant, il apparait que
celle ci est une réplique parfaite en fibre de verre. Dommage, même
si çà n'enlève rien à son extraordinaire charisme. Souvenez vous
qu'il s'agit d'une voiture d'avant la deuxième guerre mondiale.


Bugatti aussi sait faire
d'impressionnants plateaux arrières:

La Veyron Faubourg tranche un peu
sur le reste

mais n'est pas si éloignée du
"Tank"



Les accompagnatrices sont là
aussi:

Une fois tout le monde parti manger,
nous nous retrouvons quasiment seuls au milieu des voitures.
L'occasion idéale pour faire une revue de détails. Florilège:

Voilà à quoi ressemble un 16
cylindres de 8 litres

dans son jus:

Klaxons et rétroviseurs sanglés sur
la roue de secours ou le levier de vitesse (?), il fallait y
penser.

Deux générations, deux bouchons de
réservoir

et deux idées du luxe

Bouchons de radiateur


Cocorico !!

et on termine par les
traditionnelles et caractéristiques calandres:

Après avoir fait plusieurs fois le
tour du parking, nous décidons d'aller nous mettre un moment au sec
chez Francis qui habite un pavillon non loin de Molsheim. Ca fait
du bien d'être au chaud devant un bon café. Nous dissertons
agréablement de notre sujet préféré (pas de Bugatti vous l'aurez
compris) et j'ai tout loisir de m'extasier devant sa très complète
bibliothèque. Au moment de partir, il m'entraine vers le garage où
m'attends une divine surprise: une Dino 246 GT. Dommage qu'il
pleuve autant, ce qui nous empêche de la sortir devant la maison
pour quelques photos. Mon hôte l'a achetée en 1982, alors qu'il
n'avait que 25 ans et l'a conservée jusqu'à aujourd'hui malgré les
pressions du marché (le modèle s'échangeait près d'un million de
francs après la mort du commendatore). Il faut vraiment connaitre
ses quelques défauts d'assemblage pour les voir, elle est vraiment
fantastique ! C'est aussi çà la passion pour Ferrari: des modèles
rares et anciens dans des garages de particuliers, non pas parce
qu'ils sont riches mais parce qu'ils ont su investir au bon moment
et garder la tête froide ensuite. Chapeau bas !

Mais c'est la journée de Bugatti,
donc nous reprenons rapidement la route de Molsheim où les voitures
doivent se rassembler au centre ville. Elles sont toutes garées
dans une petite rue en attendant de défiler sur la place de l'hôtel
de ville pour un concours. La pluie n'a pas cessé et quand nous
arrivons, les badauds ne sont pas très nombreux. Ce sont en
majorité les même voitures que celles qui ont participé au rallye
mais cette fois dans un cadre plus urbain.


La Veyron fait sensation à son
arrivée et accapare immédiatement l'attention des spectateurs.


Petit à petit, il y a de plus en
plus de monde qui déambule au milieu des voitures. C'est un peu
comme cela que j'imagine l'ambiance du départ des Mille Miglia,
sauf qu'il y a beaucoup moins de monde et de voitures mais ça reste
convivial et sympathique. Un fois de plus, le public fait preuve de
discipline et de respect, ce qui montre que ce genre de
manifestation est possible. Une voiture inédite approche, de forme
très différente des autres, c'est une Type 13 Brescia Sport de
1923

La pluie tombant toujours à
torrents, je décide de ne pas attendre le concours et de prendre le
chemin du retour. Il est presque 17h et la journée a été bonne. En
repartant, je tombe sur une intruse (une Delahaye) et sur un
retardataire (Type 57 Ventoux) qui se fraie un chemin dans les rues
étroites de la vieille ville, ce qui me permet de faire une des
plus belles images de la journée.

Le chemin du retour me ramène vers
les lieux mythiques de la marque et en passant devant l'auberge du
pur sang, je tombe sur une Bugatti que je n'ai pas encore vue et
qui est en passe d'être chargée sur une remorque. Pas étonnant
qu'elle soit en panne si on met du rosé dans le radiateur. Le temps
d'échanger une petite blague avec les propriétaires et je suis
parti.
A ma grande surprise, je double une
autre vénérable Bugatti sur l'autoroute. Décidément, ces gens n'ont
vraiment peur de rien ! Bon, j'attends de voir les photos de Reims
pour savoir si j'ai bien fait de choisir les Bugatti. En tout cas,
j'ai passé une excellente journée, dommage qu'elle ait été aussi
arrosée (surtout pour les appareils photos, pour moi çà m'est
égal). Du coup, le public était assez clairsemé mais il reste le
dimanche pour rattraper le coup. Il y avait un nombre de voitures
somme toute raisonnable, Bugatti a joué le jeu en sortant une
Veyron. J'ai eu plaisir à découvrir l'usine et ses alentours, ainsi
que la superbe architecture de Molsheim et des villages
environnants. Un grand merci à Francis d'avoir partagé avec moi son
Trésor.
L'année prochaine, c'est le
centenaire de la création de la marque, donc le Festival devrait
prendre une ampleur inégalée. J'espère que cela ne tombera pas le
même weekend que Reims car je me retrouverais alors devant un choix
difficile. En tout cas, cette journée à la découverte de Bugatti a
été très agréable.
Un grand merci également à
bugatti69 du site www.bugattibuilder.com pour son aide pour
l'identification des voitures. En voici la liste complète, avec
référence aux numéros de participation au festival ou
immatriculations qui apparaissent sur chaque photo:
#19 T37A GP 1926 (37210) 3721 XR 68(F),
#34 T43/44 Roadster Replica 1928 (43275) VD-3983 (CH)
#35 T57 Ventoux 1938 (57662) 2500 UB 57(F),
#40 T40 Faux Cabriolet (40931) HD-0730 (D)
#44 T46S Torpedo 1929 (46340) MZ-20-08(NL)
#49 T51 GP 1933 (BC 087) ESC 56 H(D)
#57 T57 Atalante 1938 (57598) 15 UV 57(F),
#60 T57SC Atlantic (57659+Koux body) 57 SC 94(F),
#67 T37 GP 1927 (37234) TS NP 37H(D),
#68 T43 GS 1927 (43196) DCX 168 (B)
#76 T40 Torpedo 1928 () 40 APJ 67(F),
#80 T51/R GP 1930 (PS)
#83 T57 Ventoux 1938 (57628) 57 ATM 67(F),
#105 T30 Torpedo 1925 (4637) YP 5680 (GB)
#106 T101 Coupe Guilloré 1951 (101502) AL 91 70 (NL)
#107 T35B/R GP (PS)69. . 7(F)noir
#108 T35B/R GP (PS)637 C 67(F)noir
#10. T35C GP 1929 (4923) STA-074(B),
#113 T55/R SS (?)55 ZA 68(F),
#115 T40 GS 1928 (40842) 111 ALF 67(F),
#116 T44 Roadster 1929 (441100) 1112 W 67 (F)
#118 T57G Tank 1936 Recreation (57574) 6160 ZZ 06(F)
T13 Brescia Sport 1923 (BC 072) 6967 TL 67(F),
T35A GP 1926 (4799) P 929 R(B),
T35B GP 1926 () 35 YE 67(F)
T37A GP 1926 (37224) FR 07296(D),
T40 GS 1929 (40671) RUD-EB40H(D), T40 GS 1929 (40763)
GP-XT40H(D)
T46S berl. 1929 (46583)OS-TP 464H(D)
T49 Roadster Uhlik 1931 () (D)
T57 Galibier 1934 (57225) 928 NV 67(F)
T57 Ventoux 1935 (57286) 2868 RW 93(F)
T57 Galibier 1939 (57761) 131 VD 67(F),
T57S/R Roadster 1937 (Koux) 8631 YV 84(F)
Pour chacune d'entre elles il est possible de consulter la base de
données sur wiki: http://www.bugattibuilder.com/wiki/index.php?title=Bugatti_chassis_number_database
dans le type et ensuite le numéro de châssis correspondant.

© Nicolas
Jeannier