du 28/4 au 28/8 2011 - L'Art de l'Automobile. Chefs-d'oeuvre de la collection Ralph Lauren

Musée des Arts Décoratifs (107 rue de
Rivoli, Paris)les voitures seront exposées du 28 avril au 28 août
2011.
Parmi les grandes collections automobiles au monde, une plus que
toute autre est synonyme d'excellence : celle de Ralph Lauren. Une
sélection de ses plus prestigieuses voitures de sport des années
1930 à nos jours est présentée pour la première fois en Europe au
musée des Arts Décoratifs. Dix-sept voitures d'exception, choisies
par le commissaire Rodolphe Rapetti conservateur général du
patrimoine, et mises en scène par Jean-Michel Wilmotte, retracent
ainsi les grandes étapes de l'histoire automobile européenne. A
travers cette collection, Ralph Lauren démontre que l'automobile
est un art majeur dessiné par les plus grands noms : Bugatti, Alfa
Romeo, Bentley, Mercedes-Benz, Jaguar, Porsche et, bien sûr,
Ferrari, point culminant de cet ensemble exceptionnel.

Une exposition rendant hommage à l'automobile n'est pas tout à
fait une première dans l'histoire de l'institution. En 1970, Les
Arts Décoratifs présentaient une sélection de voitures de
compétition « Bolides Design ». Un jury particulier issu du monde
de l'art et du design avait alors été constitué autour de François
Mathey pour composer cette exposition. Les designers Joe Colombo,
Roger Tallon, Pio Manzu, les artistes Jean-Paul Riopelle, Jean
Tinguely, Victor Vasarely, auxquels il faut ajouter Robert Delpire,
avaient choisi les modèles avec l'idée de montrer que « l'art et la
technique, chacun à leur niveau, sont l'expression de l'homme et de
ses rapports avec la création » : le bolide comme objet de design,
comme œuvre d'art. La collection de Ralph Lauren se situe dans
cette même perspective.
Assemblée patiemment depuis maintenant plusieurs décennies par le
créateur, elle regroupe quelques-uns des plus extraordinaires
fleurons de l'histoire automobile européenne, avec pour
dénominateur commun la beauté, produit par la quête de la vitesse
et des performances. Beauté de la ligne et des couleurs, des
matériaux et du design, mais aussi beauté mécanique résultant de la
recherche d'efficacité et de précision.

La course, laboratoire de toutes les innovations, est le fil
conducteur de la passion du collectionneur. Elle fournit à cette
collection quelques-uns de ses plus beaux modèles, de la Bentley «
Blower » de 1929 à la Ferrari 250 GTO (1962), en passant par
l'inoubliable Jaguar « type D » dont l'aileron de squale traça au
Mans en 1955, 56 et 57 une trajectoire victorieuse. Mais le grand
tourisme, qui acclimate à la vie quotidienne les acquis de la
compétition en les mêlant au luxe, n'est pas oublié et permet de
mesurer l'évolution face à la route des styles et des techniques,
de la Bugatti Atlantique (1938) - dont seulement quatre exemplaires
furent réalisés et que d'aucuns considèrent comme la plus belle
voiture jamais construite - à la célèbre Mercedes 300 SL (1955).
Chacun de ces véhicules d'exception a été conçu comme un
chef-d'œuvre où s'allient innovation technologique et audace du
style.
Pour sa première présentation en Europe, la collection Ralph
Lauren sera mise en scène par Jean-Michel Wilmotte privilégiant une
approche visuelle intime de ces véhicules qui valent autant par la
vue d'ensemble que par le détail, par leur carrosserie que par leur
châssis ou leur moteur.
L'aspect cinétique et sonore des véhicules sera restitué par de
nombreux films et enregistrements. Un colloque sur le design
automobile sera organisé durant l'exposition.
Quelques automobiles exposées
BENTLEY BLOWER, 1929
La voiture a été conçue par W.O. Bentley, mais c'est Sir Hilary
Birkin, l'un des Bentley Boys (groupe de riches gentlemen
britanniques, tous pilotes et amateurs de voitures rapides) qui a
poussé Bentley à l'équiper d'un compresseur, d'où son nom de Blower
(ventilateur). Construite comme un tank, avec sa carrosserie
massive ornée du drapeau anglais, la Bentley Blower a été créée
dans un seul but : gagner des courses. C'est le bolide qu'a choisi
Ian Fleming pour James Bond 007 dans ses premiers romans.


MERCEDES-BENZ SSK, « Comte Trossi », 1930
Avec son profil de squale, le dessin de cette Mercedes-Benz est dû
au talent de son propriétaire lui-même, un aristocrate italien, le
comte Carlo Felice Trossi, également pilote de course. La SSK est
l'archétype de la Mercedes des années vingt, dominée par son
monstrueux capot, enveloppant plus de la moitié de sa longueur et
projetant en avant un radiateur en coupe-vent, avec les tubulures
d'échappement s'échappant sur les côtés comme une nichée de
serpents.

BUGATTI 57 SC ATLANTIQUE COUPÉ, 1938
Il s'agit de l'un des quatre exemplaires jamais construits et il
n'en reste aujourd'hui que deux. Cette voiture fantastique a une
allure presque inquiétante, avec ses coutures visibles et ses
rivets à tête ronde courant le long de son épine dorsale et de ses
garde-boue. La puissance et la vitesse sont suggérées par des
portières se découpant dans le toit et par des vitres ellipsoïdales
issues du registre aéronautique.


FERRARI 375 PLUS, 1954
Comme toutes les Ferrari de cette époque, il n'y avait pas de
plans spécifiques pour ce design. Des artisans hautement qualifiés
et talentueux ont créé cette forme magnifiquement arrondie en
suivant les instructions verbales du carrossier attitré de Ferrari,
Pinin Farina. C'est ainsi qu'ils ont pu réaliser ce magnifique
spyder qui remporta les 24 Heures du Mans en 1954


JAGUAR XKD, 1955
Aucune voiture des années cinquante n'incarne mieux la vitesse que
cette Jaguar, avec trois victoires consécutives entre 1955 et 1957
aux 24 heures du Mans, une autre au Nürburgring en 1956. C'est la
voiture la plus titrée de cette époque. Elle a permis à la pilote
Patricia Coundley de devenir la femme la plus rapide d'Europe en
1964. Depuis l'aileron qui le termine jusqu'au capot élégamment
arrondi, ses formes ne sont pas sans évoquer un avion de
chasse.

MERCEDES-BENZ 300 SL GULLWING COUPÉ, 1955
La Gullwing doit son nom aux portières qui s'ouvrent vers le haut,
comme des ailes. Elle a été la coqueluche de nombreuses célébrités
comme Sophia Loren, Zsa Zsa Gabor, Glen Ford ou le musicien Skitch
Henderson.

FERRARI 250 TESTA ROSSA, 1958
Cette voiture porte la marque de Sergio Scaglietti, l'un des
carrossiers les plus talentueux de Ferrari. La Testa Rossa (tête
rouge en français), qui tire son nom des caches arbres à cames
rouges de son moteur V12, porte la signature caractéristique de
Scaglietti - un châssis long au corps de torpille, un appuie-tête
émergeant de la carrosserie et des phares carénés.



Le catalogue
Un catalogue, édité par Les Arts Décoratifs accompagne cette
exposition. Il est publié sous la direction de Rodolphe Rapetti et
mis en page par Philippe Apeloig. Cet ouvrage de référence
abondamment illustré et documenté, propose une étude approfondie de
chacun des modèles exposés.
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