L'histoire Renault commence en 1898 lorsque Louis et ses deux frères fondent leur société Renault Frères. Louis est en charge du développement et de la production alors que Marcel et Fernand s'occupent de l'administration. En 1899, Renault introduit la première berline et prend un brevet pour le turbocompresseur. Les premières automobiles sont vendues à des riches particuliers, seule classe qui pouvait à ce moment là se payer une voiture qui valait à l'époque 10 ans de salaire d'un ouvrier.

Renault commence alors à se diversifier dans la production de camions et de taxis puisque le marché des particuliers reste très limité.

Rapidement, les 3 frères se rendent compte que participer à des courses automobiles est la meilleure publicité pour leur marque. Ils s'inscrivent alors dans des courses sur route en Suisse. Louis et Marcel pilotent eux-mêmes leurs bolides, ce qui fait rapidement grandir la compagnie. Malheureusement, la course automobile connaît beaucoup de tragédies à cette époque et la famille Renault n'est pas épargnée, Marcel se tue lors d'une course Paris-Madrid en 1903. Louis rangera définitivement son casque à partir de ce moment là, laissant le volant à d'autres pilotes. Il se concentre alors sur la conception de ses modèles. 3 ans après l'accident, c'est Fernand qui se retire du groupe laissant à Louis le leadership. C'est aussi cette année là, en 1906, que la Renault AK de 90 cv participe au premier Grand Prix.

Arrive la période de la première Guerre Mondiale qui oblige la société Renault à se lancer dans un autre créneau pour survivre, celui de la production de munitions, d'avions militaires et un peu plus tard de chars légers comme le Renault FT-17.

L'entre deux guerres est une période de renouveau et Renault se lance dans la machine agricole et industrielle. A côté de ça, le groupe a de plus en plus de mal avec l'automobile parce que la concurrence produit de plus en plus de petits véhicules accessibles aux plus petits budgets. Citroën est d'ailleurs le principal concurrent de Renault.

Renault se met à produire alors une gamme allant des petites automobiles jusqu'au poids lourds. C'est à cette époque que le capot prend cette forme caractéristique bien connue suite au positionnement du radiateur à l'arrière du moteur. Ce n'est qu'en 1930 que le radiateur prendra sa place à l'avant.

Plus de 45000 voitures sont produites en 1928, d'une 6 CV à une 40 CV, 7 châssis différents sur lesquels on pouvait monter 8 carrosseries de base différentes. L'année suivante, Renault ouvre l'usine de Boulogne-Billancourt et commence à se développer davantage en dehors de la France. Le marché Anglais intéresse car il ouvre la porte aux colonies anglaises.

Le marché américain quant à lui n'est pas florissant depuis la guerre, les voitures de luxe européenne sont concurrencées par les américaines comme par exemple Cadillac…

Période de révolution avec des moteurs 6 à 8 cylindres allant jusque 150 km/h, un empattement de plus de 3,60 mètres, de l'aluminium dans le moteur, une suspension améliorée, Renault présente ses premières voitures dites Grand Luxe.

1940 arrive et les conflits aussi, la France tombe sous l'occupation nazie et les usines Renault sont contraintes à produire des camions pour les Allemands. Louis Renault, accusé de commerce avec l'ennemi, est arrêté en 1944. Il mourra en prison avant même son procès.

Suite au décès du fondateur de la marque Renault, les usines sont saisies par le gouvernement provisoire et nationalisée le 16 janvier 1945 sous le nom de Régie Nationale des Usines Renault.

Il faut relancer l'économie et la marque après les années difficiles de la guerre et c'est la petite 4 CV moteur arrière qui fera revenir Renault en 1946. Même si sa principale concurrente, la Coccinelle fait un carton, la 4 CV s'en sort bien avec plus d'un million d'exemplaires produits jusqu'en 1961. C'est à ce moment là aussi que Renault revient dans la course automobile en remportant les 24h du Mans avec la Renault Alpine en 1978 et en participant au rallye Monte Carlo. La publicité faites grâce à ces courses auto aida une fois de plus la marque au losange.

Après l'ère de la 4 CV, arrive celle de la Dauphine, sa remplaçante. Un succès en Europe mais un désastre en dans le marché nord-américain. La Dauphine connu malgré tout du succès Outre Atlantique et cela grâce aux grandes affinités du Québec avec la France.

La suite de l'histoire est bien connue, Renault connaît une période noire, les grèves de '68, la crise des années 80, Renault vit des restructurations comme beaucoup d'entreprises, le PDG Bernard Hanon est remplacé par Georges Besse mais ce dernier se fait assassiner par un commando d'Action directe.

Après cet assassinat, Renault poursuit son redressement avec Raymond Lévy, le Président et Louis Schweitzer, directeur. En 1992, Schweitzer remplace Lévy à la présidence et direction générale du groupe. A l'heure de la mondialisation et des fusions, Renault se rend compte qu'ils sont bien implanté en Amérique latine et en Europe mais que l'Asie reste un point faible, la solution, se trouver un partenaire local et c'est Nissan au bord de la faillite qui va intéresser la marque française. En mars 1999 l'Alliance Renault-Nissan se crée. Renault poursuit malgré tout sa stratégie et acquiert 51% du constructeur Roumain, Dacia.

Carlos Ghosn prend la présidence du groupe en 2005, il est l'actuel PDG en fonction.

Entre temps, Renault a fait son retour à la compétition automobile avec succès principalement en Formule 1 avec Alain Prost dans les années 80 et 90 puis avec Alonso en 2005 et 2006 lorsque le pilote espagnol fut sacré champion du monde.

Alors que l'Alliance Renault-Nissan fête ses 10 ans cette année, l'histoire et les valeurs de Renault sont toujours bien présentes tout en s'adaptant aux nouvelles technologies et exigences du marché actuel. Louis Renault, fondateur peut être fier de voir perpétuer son œuvre… pour encore de longues années…  
 

Valérie Simons