gpao-2009-affiche

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Par Nicolas Jeannier

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J'ai finalement renoncé à Sport et Collection au dernier moment pour cause de varicelle, j'ai savouré la victoire de Peugeot aux 24 Heures du Mans à la télé (le peu qui en a été montré en tout cas), j'ai zappé le Vanishing Point (le rallye Pagani) parce que c'était vraiment trop loin. Vous l'aurez compris, les belles voitures se sont faites assez rares depuis le début du mois, j'ai donc du me contenter ces derniers temps de braquer ailleurs mon objectif. Ca tombe bien car la semaine dernière, le ciel était une merveille, avec exactement les "cumulus humilis" que j'adore. J'en ai donc profité pour me rendre sur un aérodrome où j'ai eu la chance de trouver un superbe avion. Une belle occasion de m'amuser un peu avec les traitement HDR.

 

 

 

 

 

       

Bref! Ce weekend, le circuit de Dijon Prénois accueille le Grand Prix de l'Age d'Or, qui va regrouper différentes courses de véhicules historiques. Le Grand Prix a lieu à Dijon depuis 2005, suite à la fermeture du circuit de Montlhéry où il se déroulait depuis 1990. Ce sera mon premier donc je ne sais pas bien à quoi m'attendre en terme de plateau. Ce qui est sûr, c'est que je n'ai pas réussi à obtenir une accréditation. Joint au téléphone, l'organisateur m'a expliqué que les règlementations se durcissaient de plus en plus et qu'il fallait impérativement une assurance pour accéder au zones sensibles (le bord de piste). Les dernières mauvaises publicités faites aux rallyes suite à quelques accidents mortels n'ont évidemment pas contribué à détendre l'atmosphère. Je serai donc relégué derrière les grillages, ce qui risque de me compliquer un peu la tâche. J'arrive sur place un peu avant neuf heures, le parking extérieur (un champ) est encore quasiment vide mais des moteurs vrombissent déjà sur la piste. Je m'acquitte du droit d'entrée pour la journée (15 euros, je ne suis pas sûr de revenir demain dimanche) et je suis alors libre de rejoindre les buttes en bord de piste ou le paddock. Je décide de faire un tour rapide de ce dernier pour commencer. L'atmosphère y est très ... colorée:

       

Les Italiennes sont présentes en force, en particulier les Alfas mais aussi Abarth

Iso, avec pas moins de trois A3, l'occasion pour moi de découvrir la position très reculée du moteur de ce modèle, en central avant reprise il y a peu par Ferrari sur la 599 GTB.

       

Pas de Ferrari à l'horizon pour le moment, le prestige étant assuré par cette Maserati 250S

Je profite du calme pour me glisser sur la pitlane à travers un stand mais il n'y a pas grand chose à voir. Tout au plus au détour des boxes aie je la primeur d'une monoplace et de la Matra 660 qui prendront la piste un peu plus tard.

       

Soudain, l'air s'emplit de borborygmes aisément identifiables: d'énormes blocs V8 américains sont en train de s'ébrouer dans un bruit de tonnerre. Il est temps de rejoindre la piste. Les zones d'où l'on peut prendre des photos à travers les grillages ne sont pas nombreuses, et le matin, elles sont majoritairement à contre jour, en particulier dans le toboggan de la Bretelle. Je m'installe donc aux Gorgeolles pour commencer. Les gros cubes sont bien de sortie, avec de nombreuses AC Cobra

       

ou Corvette

       

Porsche 904 et une Lotus Eleven dont on réalise mieux les dimensions quand elle se trouve à coté d'une autre voiture, comme cette Mustang. Il le faut pour ne pas dépasser 450 kilos et pouvoir rivaliser avec les meilleurs en dépit d'un 1100 cm3.

       

Ouf, voici quand même une Ferrari, une superbe 275 GTB

       

Accompagnée d'une des séduisantes ISO

       

Je me déplace ensuite vers le plus fameux enchainement du circuit mais le soleil ne permet pas encore de prendre de photos de face, ou pas dans des conditions idéales en tout cas, comme vous le pouvez le constater sur cette photographie de l'ISO jaune.

       

Les pilotes attaquent vraiment très fort, les meilleurs d'entre eux prenant le virage en glisse.

       

Celui de cette Ford Falcon a offert au public de nombreuses dérives, pas forcément évidentes à bord d'un tel tank, et sans faire de fautes.

       

Mais il arrive que l'énorme puissance des V8 tente d'échapper au dosage expert des pilotes, les obligeant à sauver les meubles tant bien que mal.

       

Cela dit, même les plus petites voitures peuvent se montrer capricieuses. Pas de contact cette fois mais c'est passé près.

Ce sont ensuite les concurrents du Trophée Derek Bell qui prennent la piste. Il s'agit d'anciennes monoplaces, de type Formule 5000, une formule à bas coût un peu bâtarde autorisant l'utilisation de moteurs jusqu'à cinq litres de cylindrées. Si l'on en juge par les sponsors, la plupart des voitures viennent des Etats Unis (les F5000 couraient aussi bien aux Etats Unis qu'en Europe ou en Australie et en Nouvelle Zélande).

       

       

Ce sont les voitures qui font le meilleur temps de tous les plateaux présents ce weekend.

       

       

       

Le soleil se cache par intermittence, ce qui est un moindre mal si l'on considère que les mauvais augures de la météo avaient promis de la pluie.

       

J'avoue qu'à ce stade je suis un peu frustré par le soleil qui me gêne et de devoir naviguer entre deux emplacements exploitables seulement. Je décide donc de faire un tour au niveau du parking des clubs. L'un des emplacements les plus fournis est sans aucun doute celui de Mazda, qui fête les 20 ans de son célèbre cabriolet MX5 Miata. Toutes les générations sont représentées, jusqu'à l'absurde.

Sous les arbres, un superbe exemplaire d'Aston Martin V8. Petite précision, les plaques des voitures sur les parkings intérieurs ne seront pas masquées, contrairement à celles des voitures garées à l'extérieur du circuit, la démarche de leurs propriétaires étant bien différente. 

Et une Bugatti Type 35 venue (au moins en partie) par la route. J'en trouverai une deuxième dans le paddock quelques minutes plus tard.

       

Je passe ensuite par le parking intérieur, réservé aux concurrents et à la presse, où je déniche une 599 GTB Anglaise derrière une imposante remorque. Ca tombe bien, j'étais un peu sevré de Ferrari jusque là.

A l'entrée du paddock, une Corvette est en train de ravitailler, ce qui n'est sûrement pas un luxe car la bête ne doit pas être un modèle de sobriété, lancée à fond dans l'interminable ligne droite du circuit. Egalement un break Audi RS4 full black du plus bel effet.

       

En m'enfonçant de plus en plus dans le paddock, je découvre même un espace tout au fond que je ne connaissais pas. Tous les recoins ont été utilisés pour accueillir les voitures des différents plateaux. Coup de chance, des remorques sont garées le long du grillage donnant sur le début de la ligne droite. En montant sur les plateaux, je peux photographier par dessus le grillage. Je parle de chance parce que c'est le tour du plateau "Les légendes de la course" qui est en piste et çà aurait été dommage de passer à coté. On y trouve deux Maserati 250S, une Aston Martin DB2

       

encore des Lotus Eleven, en escadrille.

La Lister Jaguar de Carlos Monteverde

       

une

       

une   et une superbe

       

Dans le paddock, une Abarth a été mise sur cales et une Austin Healey américaine passablement dans son jus

       

En retournant vers la piste, je tombe par hasard sur une magnifique 355 spider bleue marine

et sur une Jaguar Type E qui dévoile un moteur tout à fait impressionnant.

J'arrive à temps pour la première course, dont le départ vient d'être donné. Il s'agit d'une course d'endurance d'une heure.

       

Elle est outrageusement dominée par

       

Mais la Matra 660 tire elle aussi son épingle du jeu

       

La plus spectaculaire est sans contestation cette surpuissante Lola

       

Une fois la corde du virage passée, le pilote enfonce l'accélérateur, maitrisant la glisse de la voiture provoqué par le patinage des roues et laissant sur la piste une trainée de gomme à chaque tour. Spectaculaire! Je n'imaginais pas ce genre de comportement de la part d'une voiture qui concourait dans le Championnat du Monde des voitures de sport face aux Ferrari 412P et P4.

Spectaculaire également cette Porsche à l'échappement plutôt exubérant.

Une autre Porsche a également assuré le spectacle, par l'agressivité de son pilote

qui a effectué plusieurs dépassements à l'intimidation: la première fois, çà passe vraiment très très près. La seconde, un attardé a connu une grosse frayeur et préféré prendre la tangente. De belles passes d'armes qui montrent à quel point les manches furent disputées.

       

Puis c'est le départ de la deuxième course de l'après midi,

       

avec un plateau composé en grande partie de Ford Cortina Lotus et d'Alfa Romeo

       

       

dont une rare Montréal orange, et une ... Renault 12

       

Certaines voitures participent aux deux plateaux, comme les Porsche

qui bataillent cette fois avec un BMW 3.0 CSL

        

       

Une Corvette domine outrageusement les débats, en utilisant dans la courbe la même technique que la Lola un peu plus tôt. Power!

       

Egalement présente une deuxième Ferrari: une 308 GTB. Contrairement à la plupart des Ferrari engagées en championnats historiques, celle ci est menée de façon très très agressive. Dérives bien maitrisées par le pilote qui s'emploie sur le volant sans s'économiser.

       

       

Encore une fois, çà chauffe entre les concurrents qui attaquent sans états d'âmes

       

et parfois un peu trop

       

ce qui conduit à quelques glissades

       

Et les autres concurrents ne ralentissent guère à la vue des drapeaux jaunes

Les passages suivants sont mieux maitrisés mais également spectaculaires. Une chose est sûre, je comprends mieux pourquoi cela s'appelle le Grand Prix de l'Age d'Or. Certes les Formule 1 modernes sont ultra rapides et des laboratoires technologiques fascinants mais voir glisser des monstres de 500 à 600 chevaux, c'est quand même un tout autre spectacle. Franchement, si l'on parle purement du plaisir des spectateurs, ces voitures à la tenue de route dépendant de l'adresse du pilote et non d'effet de sol sont un vrai régal.

La Ferrari mène une lutte d'anthologie avec une Porsche rose, passant au milieu d'une paquet assez dense dans les derniers tours, au culot. Et çà marche!

       

A la fin de la course, il est 16 heures et je commence à songer au départ, si je veux profiter un peu de la famille que je n'ai pas vue depuis trois jours, suite à un déplacement professionnel. Je repasse évidemment par l'espace club, avec notamment cette Camaro un peu bling bling.

Un peu plus loin, toujours dans l'enceinte du circuit, une Mustang Shelby côtoie une Noble M12 GTO.

       

les françaises sont aussi de la partie

       

une  ISO Rivolta IR300 à quelques mètres d'une Jaguar XJS V12 Cabriolet somptueuse

       

et la plus grosse surprise, une Lamborghini Countach 25éme Anniversaire qui éclipse sans peine l'Aston DB9 garée juste derrière elle.

       

Et bien sûr, pas question de partir sans faire un tour dans les méandres du parking visiteur. Comme d'habitude, la récompense arrive assez rapidement avec cette Porsche 964 3.8 RS

et ce duo de 550 Maranello anglaises. Une nouvelle fois, comme au Mans (24 Heures et Classic) et dans bien d'autres manifestations automobiles, les Anglais sauvent à la fois le plateau et le parking, en venant avec de superbes voitures (alors que les Allemands ne se déplacent qu'en Audi par exemple). C'est réellement le pays de la mise en pratique au quotidien de la passion automobile et j'espère que je pourrai un jour assister aux festivals de Goodwood. Vu ce qu'ils sont capables d'amener sur le continent, je n'ose imaginer ce qu'il en est quand ils jouent à domicile.

       

Globalement le temps aura été superbe toute la journée, avec mes très chers nuages, si spectaculaires. Sur ces dernières photos, je les ai quelques peu dramatisés. A aucun moment le temps n'a été aussi menaçant en réalité. Désolé, mais çà m'amuse. 

Nuages mis à part, quel est le bilan de cette journée? Si j'en crois ce que j'ai lu sur le net (et confirmé par quelques recherches), le plateau est en nette régression depuis deux ans. Et en effet, à des rares exceptions près, je n'ai pas été très impressionné par la rareté ou le palmarès des voitures présentes. Quand à l'espace club, les voitures franchement prestigieuses étaient toutes aussi clairsemées. Pourtant l'Age d'Or bénéficie tout de même d'une réputation flatteuse. Certes les spectateurs venus avec leurs sièges et leur glacière ont sûrement passé un excellent moment, à savourer les glissades et les bagarres présentes dans tous les plateaux. Pour ma part, et dans l'optique de ce reportage, l'absence d'accréditation a été rédhibitoire. Je sais qu'en tant que non professionnel, celle ci n'est en aucune façon un dû, mais c'est le premier refus que j'essuie si l'on excepte ma demande pour les 24 du Mans (mais là je le savais d'avance). Du coup, j'ai été assez frustré de ne pas avoir été en mesure de rapporter de plus belles images, les séries de la matinée étant quasiment intégralement inexploitables. Partant de ce constat, au vu de la relative pauvreté du plateau et des conditions de prises de vue, j'ai décidé de faire l'impasse sur la journée de dimanche et de profiter de ma famille en attendant des jours meilleurs. J'espère que ces dernières phrases ne vous sembleront pas trop prétentieuses mais j'ai vraiment pris de mauvaises habitudes en Italie ces dernières semaines et j'aimerais pouvoir maintenir le niveau de qualité que mérite votre soutien. Bon, c'était quand même pas si mal.

© Nicolas Jeannier

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